A la recherche d’un chemin de la croissance durable

Tunisie - développement : A la recherche d’un chemin de la croissance durable

« Vers un nouveau modèle de croissance pour la Tunisie», tel est le thème du séminaire organisé, le mardi 12 juin courant, par le ministère du Développement régional et de la Planification et la Banque africaine de développement (Bad). Cette rencontre a pour objectif d’explorer plusieurs pistes pour un nouveau modèle de développement en Tunisie. De nombreux chercheurs et économistes tunisiens et internationaux ont présenté leurs travaux dans l’optique de formuler des propositions concrètes aux autorités publiques du pays.

Les intervenants ont été unanimes à déclarer que La Tunisie post-révolution doit rechercher d’autres sources de croissance pour fonder un nouveau modèle de développement.

Hakim Ben Hammouda, économiste et conseiller spécial du président de la Bad, a indiqué que «les défis conjoncturels ne doivent en aucun cas occulter les défis structurels auxquels la Tunisie doit faire face, afin de retrouver le chemin de la croissance durable», ajoutant qu’ «il faudra une croissance plus rapide et inclusive». Le but ultime est de réduire les inégalités sociales et d’accroître l’emploi.

Une stratégie applicable aux secteurs clés

Pour se faire, il faut adopter, selon M. Ben Hammouda, une stratégie permettant la sophistication des exportations, afin qu’elles aient une plus forte valeur ajoutée. Cette stratégie s’applique en particulier aux secteurs clés de la Tunisie, à savoir les services et le tourisme, ainsi que l’industrie manufacturière.

Toutefois, une meilleure gouvernance institutionnelle et économique, à travers la mise en place d’un processus systématique, participatif, mesurable et visible de révision des règlementations et des procédures administratives pour les entreprises et les citoyens, s’impose.

Ainsi, le modèle financier doit être adapté aux besoins du pays, afin que l’intermédiation financière soit efficace et permette l’émergence d’un secteur privé et d’un entrepreneuriat   restructuré. Au-delà de la consolidation nécessaire des banques, une réforme urgente est indispensable notamment pour les inciter à une prise de risque plus importante.

La Tunisie doit s’efforcer de diversifier ses partenaires économiques pour ne pas trop dépendre de la croissance des autres, tout en assurant ses propres objectifs.

Dans cette optique, «beaucoup de travaux ont été effectués par la Bad,  pour la mise en place des grandes orientations de la Tunisie, les défis majeurs, les principaux axes d’un nouveau modèle de croissance, ainsi que pour développer ensemble les priorités du pays», a souligné M. Ben Hammouda.

Principaux enjeux

Pour proposer  un nouveau modèle de développement pour la Tunisie, Audrey Verdier-Chouchane, responsable à la Bad, a mis en exergue les principaux enjeux auxquels la Tunisie doit faire face. «Il faut limiter l’endettement extérieur, diversifier la structure de l’économie et améliorer le climat des affaires et la bonne gouvernance. Il est, également nécessaire d’enrayer le chômage des jeunes, particulièrement les diplômés du supérieur, ainsi que de résorber les disparités régionales».

Dans ce cadre, la responsable a recommandé de diversifier les sources de croissance, faciliter les programmes d’intégration régionale et d’ouverture commerciale et améliorer la gouvernance économique et politique.  Il est important aussi de favoriser la croissance inclusive et les emplois, ainsi que de consolider le secteur financier.

Ces objectifs peuvent être réalisés à moyen et long terme, surtout que « la Tunisie dispose d’un niveau élevé d’infrastructure, une main d’Å“uvre éduquée et qualifiée, une position géographique stratégique, ainsi qu’un secteur privé important», a-t-elle affirmé.

Quelles politiques ?

De son côté, Taoufik Rajhi (Bad)  a déclaré que la Tunisie a besoin de mener des politiques de restructuration de l’économie basées sur la réorientation de l’investissement public, privé et étranger, de façon sectorielle et régionale. Elle a, également, besoin d’améliorer le climat des affaires, afin d’augmenter le taux de croissance potentiel de son économie et en particulier sa productivité potentielle, ainsi que de promouvoir la qualité de la main d’Å“uvre, par des politiques éducatives et de formation. «L’impact de ces politiques serait sûrement à moyen et long termes,  mais en aucun cas à court terme», a expliqué M. Rajhi.

D’autre part, il faut mener des politiques conjoncturelles pour augmenter la demande sans conduire à des tensions inflationnistes et en respectant la viabilité à moyen terme de la dette (Go and Stop Policy), en coordonnant la politique monétaire et budgétaire.

Pour conclure, le responsable a proposé de mener, tout de même, des politiques d’offre dont l’objectif est de s’attaquer au chômage d’équilibre, en incitant les entreprises à embaucher davantage. Dans ce cadre, la réforme du code de l’investissement, les réformes fiscales en général, un pacte social et fiscal pour l’emploi sont des instruments privilégiés.

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