“Je suis encore Gouverneur de la BCT”

La réponse de Mustapha Kamel Nabli : “Je suis encore Gouverneur de la BCT”

Le président de la République, Moncef Marzouki, a déclaré démettre le gouverneur actuel de la Bct. Selon lui, les politiques monétaires que la Bct a envisagé sont insuffisantes pour mener le pays à relancer son économie. Le président reproche à la Bct l’inadéquation de sa politique monétaire avec le contexte actuel du pays.

Lors d’un point de presse organisé en marge du 8ème colloque international de l’Association des économistes tunisiens, du 7 au 9 juin 2012 à Hammamet, sous le thème « Croissance, emploi et répartition dans le contexte de mondialisation», Mustapha Kamel Nabli, s’est adressé à l’opinion publique, en soulignant que tout changement à la tête de la Bct devrait être soumis à une procédure fixée par la loi qui régit l’organisation provisoire des pouvoirs.

A ce propos, il a mis en exergue les points suivants :

  • Selon l’organisation provisoire des pouvoirs, le président de la République n’a pas le droit de démettre le gouverneur de la Banque centrale. Il s’agit d’une décision concertée des trois présidences qui sera avalisée par l’Assemblée nationale constituante. Il s’agirait, donc, d’un empiètement sur les prérogatives de l’Assemblée.
  • La déclaration du président est en opposition avec la décision de l’Assemblée nationale Constituante concernant l’indépendance de la Banque centrale, pour la préserver des tiraillements politiques.
  • Le point de vue exprimé par le président de la République est également en opposition avec la logique de gouvernance prônée par la Révolution, dans la mesure où cela consacrerait la concentration des pouvoirs.
  • Moncef Marzouki a insinué que la Banque centrale est sous des influences étrangères, ce qui est à la fois dangereux et inacceptable. La Bct est une institution nationale, qui ne tient en considération que l’intérêt national. « De tels propos portent atteinte à la dignité du Conseil d’administration de cette institution et, en leur nom, je déclare qu’il s’agit d’une offense à la Bct qui ne sert que l’intérêt public ».
  • Contrairement à ce qu’on ne cesse de prétendre, il n’y a aucun différend entre le Gouvernement et la Bct.
  • Depuis six mois, il n’y a eu aucune réunion entre le président de la République et le gouverneur de la Banque centrale, malgré le fait que l’organisation provisoire des pouvoirs stipule que le gouverneur remet les listes financières au président.

En réponse à la question de L’Economiste Maghrébin, M. Nabli a déclaré qu’il n’a rien reçu d’officiel concernant son limogeage. « Je suis encore Gouverneur de la Bct », a-t-il affirmé.

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