La Bourse n’est plus…les marchés financiers demeurent

La Bourse n’est plus…les marchés financiers demeurent

« La BVMT et la fin de la Bourse », tel est le thème qui a suscité une polémique entre les intermédiaires en Bourse. Pour précision, Inès Youssef, Docteur en droit privé, a expliqué que l’intermédiation financière par le recours aux marchés financiers est un mode de financement de l’économie qui ne cesse de se développer partout dans le monde. On est alors passé des marchés financiers de financement aux marchés dérivés et d’un marché incarné par la Bourse, représentant un lieu et une activité, à une diversité de marchés.

En effet, la Bourse, au sens classique, est le monopole des transactions sur les titres cotés. Toutefois, la conception anglo-américaine est différente : ce n’est plus celle d’une « bourse », mais d’un « marché ».

Le marché  représente la liberté de concurrencer. Aujourd’hui, c’est cette dernière conception qui prime, à tel point qu’on parle de la « fin de la Bourse ».La Bourse n’est plus, mais les marchés financiers demeurent.

L’évolution de la notion de Bourse reflète l’essor de nouvelles structures automatisées de négociation. Par conséquent, contrairement à l’opinion communément admise, le marché financier ne s’identifie plus à la « Bourse », dans plusieurs pays.

«En Tunisie, le retard de la BVMT à suivre le développement croissant et continu que connaissent d’autres places financières étrangères est flagrant. Au moment où on assiste à la « fin » de la Bourse, notamment en France et aux Etats-Unis, la BVMT garde toujours son monopole historique», a indiqué Dr. Youssef.

Ce monopole boursier est en liaison étroite avec les grands systèmes des marchés financiers. Ces derniers sont gouvernés à la fois par les prix et les ordres ; et fonctionnent selon deux obligations principales : l’intermédiation et la centralisation. Ces conditions ont favorisé l’émergence d’un monopole.

Étude comparative entre les marchés tunisien, français et américain

En droit tunisien, les actionnaires de la BVMT sont uniquement les intermédiaires en Bourse agréés. Le cadre juridique, notamment la loi 94-117, ne laisse aucune place à la concurrence.

Contrairement à cela, les marchés américains sont des marchés sans monopole. Autrement dit,  un système national du marché (NMS) regroupe les différents lieux de négociation.

Au niveau des marchés français, il y a une reconnaissance des nouveaux modes, tels l’exécution d’ordres,  la mise en concurrence des lieux et l’instauration du principe de la concurrence. Ces modes ont supprimé les obligations. Et par la suite, ces marchés ont dépassé le monopole vers la concurrence.

Cependant, l’évolution que connaissent ces marchés financiers, des deux côtés de l’Atlantique, n’a pas moins favorisé, selon le Dr. Youssef, la survenue de certains problèmes, dont  le « trading à haute fréquence » et l’apparition des « dark pools of liquidity».

Pour développer le marché financier tunisien, sans favoriser ce genre de problème, il faut enrichir les compartiments de la BVMT, par la liquidité, les termes du marché, la contrepartie, le contrat d’activité…

A noter que le monopole boursier néglige toute référence et toute concurrence. Donc, il a seulement la tarification publique.  Par contre, avec la concurrence, le marché financier tunisien va accroître l’efficience du marché boursier.

 

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