« Notre but ultime est de participer au développement du tourisme de la Tunisie »

“Notre but ultime est de participer au développement du tourisme de la Tunisie”
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En visite en Tunisie, en marge du Forum de l’Economiste Maghrébin, Renaud Bentégeat, Administrateur délégué de la Compagnie d’entreprises Cfe, nous a accordé une interview, portant sur l’état d’avancement des travaux de la Marina de Bizerte, projet en collaboration avec la société Bizerte Cap 3000. D’autres sujets ont également été abordés, en rapport avec les ambitions du groupe, premier investisseur belge en Tunisie.


L’Economiste Maghrébin: Un déplacement très studieux, mené au pas de charge, entre la société de Bizerte et des responsables politiques et financiers à Tunis. Qu’en est-il des résultats de ces rencontres ?

Renaud Bentégeat: C’est une visite très fructueuse en Tunisie. Elle m’offre l’opportunité  de rencontrer les responsables tunisiens, dont en particulier Monsieur le ministre de la Coopération Internationale. C’est aussi l’occasion de faire le point, avec nos associés tunisiens, sur la Marina de Bizerte, qui est un projet inédit en Tunisie.

Les travaux ont-ils été perturbés par la révolution et son cortège  de désorganisation de la production ?

En raison de  la Révolution tunisienne, nous avons enregistré un peu de retard  au niveau de la réalisation de ce projet. Mais, grâce au soutien des banques tunisiennes,  la Marina de Bizerte sera vraisemblablement l’une des plus belles réalisations du genre.

Vous faites allusion à la fois à la Marina et au pôle immobilier qui a fière allure sur la maquette ?

Le projet est bien intégré à tous les niveaux. Il bénéficie, de surcroit, d’un énorme avantage lié à l’implication des investisseurs tunisiens qui connaissent mieux le profil de la demande locale, ses particularités et ses caractéristiques. Tout va se faire, selon cette demande, aux couleurs locales.

Puisque vous parlez de la clientèle tunisienne – cela vaut également pour les clients étrangers – d’aucuns pensent que les difficultés d’accès à Bizerte, en raison des contraintes que pose le pont mobile, constituent un handicap au développement de la ville, Marina y compris.

La mobilité est toujours fondamentale. A cet égard, il est impératif  de mettre fin à cette pénalité flagrante dont souffre Bizerte. Par un  partenariat gagnant-gagnant, entre notre entreprise – dont la réputation n’est plus à faire  – et l’Etat tunisien. Nous pouvons concrétiser nos ambitions dans une très belle ville comme celle de Bizerte.

Plusieurs projets sont à l’étude, dont la construction d’un tunnel – très coûteux -ou d’un autre pont, aux allées plus larges, qui assurerait une fluidité sans faille du trafic routier.

Le projet Marina de Bizerte est-il compatible avec un Gouvernement dirigé par Ennahdha ?

Tout à fait, j’en veux pour preuve les déclarations du chef du Gouvernement très favorables au développement du secteur touristique en Tunisie. Pour nous, c’est une question de pragmatisme. Tout le monde est acquis à cette logique économique de développement que ce soit sur le plan national que sur le plan international. Notre objectif est la collaboration pour un présent et un avenir meilleurs, en tout cas plus prometteurs.

Vous avez rencontré le ministre de la Coopération  internationale et de l’investissement. Que diriez-vous de cette rencontre ?

J’en suis à la fois ravi et honoré. J’ai été reçu par un ministre très au fait de la situation, ouvert au dialogue, qui a une très grande capacité d’écoute et qui m’a paru fortement déterminé à faire aboutir ce projet et bien d’autres grands projets.

Cette rencontre a été aussi l’occasion de discuter avec le ministre tunisien de l’avancement des travaux de la Marina de Bizerte bien évidemment, du partenariat entre les deux sociétés concernées en particulier et entre la Belgique et la Tunisie en général. J’en sors avec plein d’optimisme.

Les grands acteurs économiques doivent-ils s’immiscer  dans la sphère politique ?

Les entrepreneurs n’ont pas à se positionner sur le plan politique, parce qu’en aucun cas ce positionnement n’est important. Le plus important pour nous, est de travailler avec l’Etat et le peuple tunisien, dans le but de booster l’économie dans cette phase transitoire.

Comment jugez-vous les cent premiers jours du Gouvernement ?

Vous êtes sur la bonne voie. En outre, vous bénéficiez d’atouts fantastiques, tout d’abord en termes de compétences humaines de grande valeur et d’une population qui réserve un accueil de qualité aux touristes ; mais également de par la situation géographique de la Tunisie et particulièrement Bizerte, qui est au cœur de la Méditerranée.

Qu’attendez-vous de la Tunisie ?

Nous collaborons avec la Tunisie parce que notre but ultime est de participer au développement du pays.

Il faut profiter de la Marina de Bizerte pour développer la capacité de « charteriser les bateaux ». Il est très important d’attirer des entreprises du domaine et les amener à s’implanter en Tunisie. Cela valorise le tourisme tunisien.

Même en temps de crise internationale ?

Je pense que les entrepreneurs qui gèrent des anneaux dans les ports européens peuvent investir dans les ports de Bizerte et de Hammamet ; surtout si l’Etat les rassure par la diminution de la taxation douanière des bateaux, par exemple.

La Marina de Bizerte est un projet important pour la création de nouveaux postes d’emploi en Tunisie.

Il y a eu malgré tout quelque retard ?

C’est vrai que nous avons marqué un peu de retard dans la réalisation de ce projet à cause du Printemps arabe, mais dans les 48 ans qui restent – durée de la concession – nous pouvons faire ensemble beaucoup de choses importantes.

La commercialisation du complexe immobilier a-t-elle été impactée par la Révolution ?

Nous n’avons pas de souci à nous faire à ce niveau, tout va bien. Et pour cause,  notre bien immobilier ne se vend pas trop cher, soit 2500 DT par mètre carré. A mon avis, le rapport qualité/prix est très stimulant pour la clientèle potentielle qui est composée de clients tunisiens, belges, américains, allemands, français etc.

Notre objectif n’est pas d’augmenter la grille des prix. Au contraire, nous préférons vendre nos appartements et nos locaux au-dessous des prix du marché pour des créneaux similaires.

En dehors du projet de Marina de Bizerte, quelles sont les autres activités qui intéressent votre cœur de métier ?

La construction a la part du lion dans nos activités, soit la moitié de notre chiffre d’affaires. Nous avons beaucoup d’ambitions en la matière, pour devenir le constructeur référence pour les grands investisseurs en Tunisie.

Y a-t-il encore des obstacles à lever pour libérer pleinement les IDE en Tunisie ?

Les choses ont changé dans les faits. Elles n’ont pas encore changé dans les lois. Donc, il est temps d’avoir un cadre légal stable dans ce domaine. Les chefs d’entreprises ont besoin d’une certaine pérennité et d’une stabilité des lois

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