La Tunisie doit jouer la carte de la réactivité et de la ponctualité

La Tunisie doit jouer la carte de la réactivité et de la ponctualité

“La logistique, facteur clé de compétitivité du secteur textile et habillement”, tel était le thème de la conférence organisée, le 15 mai 2012, par le Tunisian textile intelligence group (Ttig), ayant pour objectif de donner un bilan sur la performance du secteur logistique, notamment dans le secteur textile et habillement.

En marge de cette manifestation, Abdelatif Hamam, Pdg du Centre de Promotion des Exportations (Cepex), a précisé que les coûts logistiques s’élèvent à 20% du Pib en Tunisie, soit un coût de l’ordre de 10 milliards de dinars en 2012 contre 15% en Turquie et entre 7 et 10% pour les pays européens. Le surcoût est estimé à plus de 5 points du Pib. Pour l’entreprise tunisienne, ce coût est de 16% contre une moyenne de 10%.

Il a ajouté que, parmi les critères majeurs identifiés par les opérateurs européens pour décider de commercer avec la Tunisie, les infrastructures locales de transport sont en tête de liste, suivies par la desserte internationale du pays et la proximité et la réactivité.

De son côté, Meher Kchouk, président de la Fédération tunisienne du transport et de la logistique (Fttl), a affirmé que la logistique est un secteur qui est encore à “l’état embryonnaire”. Il connaît plusieurs difficultés, dont l’absence d’un cadre juridique approprié, une faible externalisation des entreprises, ainsi que l’absence d’harmonisation avec les pays voisins, un savoir-faire tunisien de faible niveau et une indisponibilité du financement.

Ce secteur manque, également,  de spécialistes et de professionnels. Les maillons faibles du secteur se résument, selon le président de la Fttl, à des infrastructures aéroportuaires vétustes, un réseau ferroviaire quasi-inexistant, une réglementation et une interprétation douanières non appropriées et des outils informatiques inadaptés.

Il n’empêche que le secteur peut être amélioré, notamment, par la modernisation de la flotte et la dématérialisation des procédures de dédouanement, la création de zones d’activités logistiques, la mise en place de mécanismes de financement incitatifs et la création de filières spécialisées.

En ce qui concerne le port de Radès, qui constitue le point névralgique pour les exportations du textile et de l’habillement, les experts ont recommandé de réorganiser la chaîne logistique qui représente 85% du flux “contenaires” et environ 100% du flux “remorquages”. Il s’agit aussi de décongestionner le port, en créant des “ports secs” dans la continuité des zones industrielles.

Sur le moyen et le long termes, il faut doter le pays d’un port de transbordement en eau profonde qui conférerait un gain potentiel par contenaire à l’import comme à l’export et valoriser les métiers de la logistique.

Jean-François Limantour, président du Ttig, a conclu par une note optimiste, en affirmant que: ” la Tunisie a de bonnes conditions logistiques, mais elle doit maintenant passer à une position d’excellence. Elle doit être en pôle position par rapport aux pays euro-méditerranéens”, surtout que les coûts de production deviennent de plus en plus compétitifs et que les marchés à l’export croissent à un rythme accéléré. Il faut faire preuve de flexibilité et régler les dysfonctionnements”.

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