“Les (BUTT) assurent la coordination entre l’université et le secteur socio économique”

Bahri Rezig, directeur de l’ANPRI
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Bahri Rezig, directeur général de l’Agence nationale de promotion de la recherche et de l’innovation (l’ANPRI) nous parle de l’importance des Bureaux universitaires de transfert de technologie(Butt) dans la promotion de la compétitivité de l’entreprise à travers l’innovation. Il est chargé d’assurer la coordination entre l’Université et le secteur socioéconomique privé pour le développement de la recherche  et de  répandre la culture de l’innovation technologique auprès des professionnels.

L’Economiste Maghrébin: Quels rôles jouent les “Butt” dans la création d’un environnement économique propice à l’innovation ?

Bahri Rezig:  Le Bureau de transfert de technologie (Btt) se définit comme étant un point de contact primaire pour les compagnies et organisations souhaitant acquérir des technologies et se servir de l’expertise et des facilités aux termes d’une entente de collaboration ou d’une entente d’octroi de licence.

A cet effet, les “Butt” serviraient de relais d’informations sur les ressources scientifiques et technologiques de l’université, mais aussi d’un support de communication sur les potentialités de l’université, qui représentent encore un point faible. Il s’agit également d’aider à la protection de la propriété intellectuelle et du transfert technologique via la commercialisation des actifs, la création d’entreprises et également le réseautage. Il y a lieu de signaler que, le lancement de ces bureaux dans la région arabe, dont la Tunisie est considérée comme le pays pilote, a pour objectif de renforcer la protection et l’exploitation économique des produits et services fondés sur l’innovation au profit du développement social, économique et culturel de notre pays.

Ces bureaux ont ainsi des attributions cruciales dans la matérialisation du processus de structuration des relations de partenariat entre la recherche universitaire qui génère le produit de l’innovation et l’entreprise qui a l’usage de ce produit. Ce qui, par conséquent, crée une dynamisation de partenariat entre l’offre et la demande technologiques, à travers la mise en place de structures d’interface de proximité.


Quatre bureaux expérimentaux de transfert technologique existent actuellement dans les universités tunisiennes,  notamment les universités de Tunis el Manar et de Monastir, et pourtant on continue de parler de la faiblesse  permanente du partenariat entre la recherche et l’industrie ?

Il s’agit de faiblesse systémique entre les secteurs de recherche et de l’industrie. En Tunisie, l’entreprise, généralement pressée de résoudre des problèmes concrets et immédiats, s’est installée dans un modèle de développement excluant les dimensions technologiques des recherches, composantes essentielles de la compétitivité économique durable. Ainsi, l’université, en l’absence de contacts réguliers avec la réalité socioéconomique en matière de demandes clients, a favorisé le développement des recherches fonctionnant en dehors de toute logique socioéconomique. Cette lacune de partenariat entre les deux secteurs est à pallier définitivement.

En effet, installer des Bureaux universitaires de transfert de technologie, qui sont des interfaces de proximité, permettrait de procurer des prestations de services, notamment, l’information et la communication au profit d’une meilleure lisibilité aussi bien de l’offre technologique de l’université que de la demande provenant des secteurs partenaires; ainsi que la mise en œuvre des projets de recherche partenariale, la diffusion de la culture d’innovation et la formation aux bonnes pratiques de la valorisation et du transfert.


Quels sont les moyens permettant la réussite et la pérennité de l’implémentation du “Dispositif

Butt” ?

La consolidation des potentialités de recherche et d’innovation dans l’entreprise, ou plus généralement dans le milieu professionnel, tout en construisant un partenariat effectif avec l’université, devrait intégrer les spécificités de son environnement et se développer dans le cadre d’une vision et d’une stratégie d’entreprise.

Par conséquent, l’immersion de la recherche et des chercheurs dans le milieu socioprofessionnel, en plus de réduire les freins de communication entre les deux mondes – de la recherche et celui de l’économie – serait le meilleur moyen de promouvoir la multidisciplinarité, l’implication des sciences humaines et sociales dans les projets à caractère technologique.

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