Tunisie, “une réalité en demi-teinte” pour des sénateurs français

Le 23 mars, par J. S.

Six membres de la commission des Finances du Sénat français sont arrivés en Tunisie, le 22 mars. Avant leur visite, ils s’étaient rendus en Egypte et en Libye. Rapidement, les sénateurs ont découvert, en Tunisie, une ” réalité en demi-teinte “: ” la situation de l’emploi s’est détériorée, il y a un manque de liquidités dans les banques, la dette publique est raisonnable mais n’intègre pas la dette locale, quant à l’appareil statistique, c’est bien qu’il y en ait un, mais il est loin des normes européennes “. Selon eux, ” il est difficile de disposer de toutes les données fiables. Plus, comment connaître l’économie informelle? Il manque beaucoup d’information mais la révolution ne s’est pas traduite par une rupture économique “, a estimé Philippe Marini, le président de la Commission.

Durant ces quelques jours, les six sénateurs -qui ne sont autres que Philppe Marini, Yvon Collin, Aymeri de Montesquiou et Rolland du Luart, tous trois vice-présidents de la Commission; mais aussi Jean-Vincent Place et Michel Berson, membres de la Commission et Benoît Quennedey, administrateur- ont rencontré tour à tour le président Moncef Marzouki, le président de l’Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaâfar, le président de la Commission des finances, le ministre des Finances et des membres du gouvernement, ainsi que ce qu’ils appellent ” l’intelligentsia tunisienne ” et des chefs d’entreprises tunisiens et français.

Pour les sénateurs français, la Tunisie est dans une ” situation où tout est possible mais le temps est compté, en particulier concernant les enjeux sociaux et les réformes structurelles. Ce n’est pas par des mesures momentanées et des aides artificielles que l’on peut transformer la situation économique et sociale. Plus vite il y aura des réformes, plus vite les contradictions de la société tunisienne pourront se résoudre “.

” Les investisseurs sont réalistes “

L’investissement et le retour des entreprises pourraient alors être une aide à la sortie de cette crise. D’un revers de la main, les sénateurs ont balayé les craintes concernant la couleur politique du gouvernement, ” les investisseurs sont réalistes. Ils regardent la capacité du marché. Dans la Tunisie de Ben Ali, le capital était verrouillé partout “, ont-ils rappelé.

Reste à instaurer la confiance auprès des investisseurs et à répondre à leurs attentes, qui selon les sénateurs, souhaiteraient voir disparaître ” les cadres, les règles, les blocages de l’ancien régime “, sans donner plus de précisions. Mais ce problème de confiance pourrait se résorber par l’évolution des discours des politiques. ” Quand ils disent ” venez nous aider, où on vivra une révolution dans la révolution “, c’est un discours anxiogène qui met dans les esprits  le fait qu’il peut y avoir une crise sociale. Autre exemple, cité par les sénateurs: le financement des dépenses courantes par des dons. Faisant référence à la loi des finances complémentaire,  ils ont estimé que ” ce type de financement est contraire à l’instauration d’un climat de confiance. Il faut mettre en place des ressources stables pour le pays, des impôts. Il doit y avoir une vision et une stratégie fiscales “.

Une fois de retour de l’autre côté de la méditerranée, les sénateurs devraient inciter les entreprises françaises à investir en Tunisie et appeler les Français à revenir en vacances dans le pays.

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