Tunisie, la reprise tarde

Le 5 mars, par AlphaMena

Une semaine après la publication de la lettre d’information publiée par l’Observatoire de la Conjoncture Economique (INS), traçant un tableau modique, et confirmant la récession en 2011, le marché actions tunisien semble l’ignorer. Les valeurs tunisiennes couvertes par AlphaMena ont affiché, cette semaine du 27 février, une hausse de 0,52%, et l’indice vedette de la place de Tunis a touché son plus haut de l’année (4.758,44 points le 01/03/2012). Depuis le début de l’année, les valeurs tunisiennes sont désormais dans le vert (+0,80%).

La note de conjoncture a confirmé que l’économie tunisienne a enregistré sa première récession depuis les années 80. Selon les dernières estimations, le PIB 2011 ressortirait en baisse dans une fourchette de -1,5% à 2,0% (vs. 3,2% en 2010). Cette forte chute de l’activité en 2011, accroît, selon l’Observatoire, les inquiétudes sur les perspectives de 2012, au vu de l’hésitation de la reprise. Durant 2012, l’économie tunisienne enregistrerait un rebond technique, mais il n’y a pas encore les conditions pour une reprise durable. Dans sa note, l’Observatoire a étudié quelques aspects qui confirment les difficultés de l’économie tunisienne. Pour notre part, nous allons transposer, d’une manière succincte, cette étude sur l’univers coté tunisien.

1. La récession de 2011 et les incertitudes pour 2012: Les valeurs tunisiennes accuseraient une baisse de 4,19% de leur CA 2011. Pour 2012, nous attendons une hausse de 13,1% des revenus, un rythme, à notre avis, modeste. Sur la période 2009-2012, nous avons une croissance moyenne du CA de 6,9% contre un taux d’inflation de 4% par an.

2. L’attentisme qui domine : Nous tablons sur une baisse des investissements en 2012 (512 millions de dinars tunisiens contre 704 millions). D’ailleurs, le ratio Capex/Ca devrait perdre davantage de terrain (6,48% attendus en 2012 contre 8,08% en 2009).

3. Recul du pouvoir d’achat des ménages : Entre 2009-2012, les salaires augmenteraient de 21% pour une croissance de l’activité de 22,8%. Cependant, le salaire moyen/tête/an augmenterait de seulement 8,2%. Les entreprises paieraient, en 2012, pour chaque dinar encaissé, 0,167 dinar de charges de personnels contre 0,169 dinar en 2009. Cependant, la productivité et la rentabilité ne devraient pas s’améliorer, avec des marges en baisse, ce qui est normal, puisque les entreprises tunisiennes subissent la volatilité des prix des matières premières et des devises. D’ailleurs, les actionnaires ne profiteraient pas de la baisse relative de la masse salariale, puisque les dividendes reculeraient. En conclusion, d’après notre modèle (confirmé par l’Observatoire), nous attendons une destruction de la richesse.

Il est admis que la Bouse de Tunis est peu représentative de l’économie nationale (24% du PIB), mais les conclusions tirées par la note de l’Observatoire devraient, tout de même, se vérifier sur les entreprises cotées.

 SECTOR  UPSIDE  P/E 2012  YIELD 2012  Earn Grw 2012
 Financières  -6.8%  12.5x  2.3%  23.1%
 Cycliques  51.2%  6.6x  10.6%  17.0%
 Semi Cycliques  -7.3%  13.7x  5.7%  11.3%
 Conso. cyclique  10.7%   13.4x  4.6%  23.3%
 Défensives  9.4%  13.3x  5.7%  27.9%
 Croissance  -10.6%  19.6x  2.8%  41.0%

 

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