Le marché sort de la stratégie passive

Le 5 mars, par CGF

Encore une semaine positive à la Bourse de Tunis. Le TUNINDEX a confirmé ses 4 700 points qu’il a atteints la semaine d’avant, et semble entamer son chemin vers les 4 800 points. Dans des volumes acceptables (35,632 MDT), les investisseurs semblent être, enfin, convaincus de la nécessité de s’activer un peu plus, et rompre avec la stratégie passive, en orientant leurs placements soit vers des secteurs qui ont des perspectives solides, soit vers des sociétés qui pourraient garantir un bon rendement. Réellement, si la Bourse a résisté l’année dernière, et a pu limiter les dégâts, c’est que les épargnants ont préféré garder leurs titres, même avec une perte latente, que de les céder, en attendant des jours meilleurs. Néanmoins, si une reprise a été enregistrée par pas mal de sociétés durant la deuxième moitié de 2011, d’autres n’ont montré aucun signe de convalescence. Ainsi, à notre avis, la structure des portefeuilles semble s’éloigner des intentions spéculatives, avec un horizon de placement à moyen, voire long terme. Cette tendance a été boostée par un flux de communiqués qui a concerné pas mal de sociétés (voir les actualités ci-dessous).

Cette tendance est un bon signe, puisque les cours refléteraient, de plus en plus, les fondamentaux financiers des sociétés. Nous pouvons affirmer qu’une mutation profonde de notre marché est en train de se réaliser, mais doucement et en silence. Durant des années, les acteurs du marché réagissaient, principalement, selon les résultats publiés par les entreprises cotées. Maintenant, nous avons le sentiment que le marché commence à avoir la culture d’anticipation et que la volatilité des cours, durant la période des publications, est moins aiguë qu’auparavant, puisque les résultats sont déjà intégrés dans les cours. En fait, actuellement, les facteurs économiques pèsent de plus en plus dans la décision des investisseurs, qui sont plus attentifs aux communiqués de la Banque centrale de Tunisie, à l’évolution des taux directeurs, aux niveaux des agrégats monétaires, taux de croissance de l’économie, etc. Les analystes tentent alors d’intégrer ces facteurs pour essayer de bâtir des prévisions qui tiennent compte de la sphère réelle. Nous pouvons nous féliciter que notre marché ait atteint un certain niveau de maturité.

Mais pour monter encore d’un cran en termes d’efficience, les professionnels de la Place de Tunis ont besoin d’une information financière de qualité. Actuellement, plusieurs sociétés cotées se contentent du strict minimum à ce niveau. Leur communication se limite aux publications obligatoires, ce qui ne fait pas l’affaire des analystes. Il est vrai que par rapport à des Places financières voisines, en particulier la Bourse de Casa, nos sociétés communiquent plus fréquemment, mais nous pensons qu’il faut l’améliorer encore. Nos sociétés sont obligées de publier des indicateurs d’activité trimestriels, mais ces chiffres laissent, souvent, derrière eux des questions sans réponses. A part les compagnies qui tiennent régulièrement des communications financières, plusieurs ne donnent aucune information quant à leurs stratégies, l’évolution de leurs marchés, etc. Une politique de communication financière transparente, qui traduit la situation réelle de l’entreprise, est une exigence si nous voulons faire de notre Bourse une attraction pour les institutionnels étrangers. C’est de la bonne gouvernance qu’il faut pour booster notre marché. D’ailleurs, c’est l’ensemble du pays qui en a besoin.

Pour ce qui est du palmarès de la semaine, le titre SOTETEL s’est offert la première position, avec une hausse hebdomadaire de 7,03% à 6,550 DT. En 2ème et 3ème position nous trouvons respectivement SITS (+6,82% à 3,600 DT) et Air Liquide Tunisie (+6,63% à 501,010 DT). De l’autre côté du spectre, le titre SOTRAPIL a accusé la plus forte baisse de la semaine et a dévissé de 6,74% à 16,600 DT.

 

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