Conférence sur la Syrie: la Russie ne participera pas, le Liban s’interroge

Le 21 février, par la rédaction web

La Russie ne participera pas à la conférence internationale sur la crise en Syrie organisée vendredi 24 février à Tunis, a indiqué mardi 21 février le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. « Nous n’avons été informés ni de la composition de ses participants, ni de son ordre du jour. Mais ce qui est le plus important, l’objectif réel de cette initiative n’est pas clair (…). Compte tenu de ces circonstances, nous ne voyons pas de possibilité de participer à la conférence de Tunis », a déclaré le porte-parole du ministère, Alexandre Loukachevitch, cité dans le communiqué.

Cependant, il a réitéré l’appel de la Russie à « faire cesser les violences d’où qu’elles viennent », en Syrie. Pourtant, les deux pays sont alliés de longue date. La Russie, qui a
bloqué à deux reprises des résolutions au Conseil de sécurité de l’ONU
condamnant la répression sanglante en Syrie, fournit notamment des armes à Damas.

Moscou a « l’impression qu’il s’agit de former une coalition internationale (…) afin de soutenir une partie d’un conflit intérieur contre l’autre », a-t-il dit. « On a invité en Tunisie des groupes séparés d’opposition, alors que des représentants du gouvernement syrien n’ont pas été invités ». Cela veut dire que les intérêts d’une grande partie de la population de la Syrie, qui soutient les autorités, ne seront pas représentés », poursuit-il. « Dans ce cas, il est peu probable que cette conférence puisse aider à commencer un dialogue national syrien visant à trouver des solutions pour surmonter la crise intérieure », estime Alexandre Loukachevitch.

 

Le Liban s’interroge

Au Liban, la participation à cette conférence divise, selon l’Orient-Le Jour, alors que le pays tente de se tenir à l’écart de la crise syrienne. Le ministre libanais des Affaires étrangères Adnan Mansour a affirmé avoir reçu dimanche une invitation officielle du ministère tunisien des Affaires étrangères pour participer à la conférence des « amis de la Syrie ». Sa réponse devrait être communiquée mardi 21 février, selon le quotidien libanais Al-Charq Al-Awsat.

« La décision de participer à la conférence revient à l’Etat libanais et n’est pas une décision personnelle », a souligné Adnan Mansour, ajoutant qu’il discutait avec le président Michel Sleiman et le Premier ministre Nagib Mikati de cette question.

Pour le quotidien Al-Hayat, le Liban ne devrait pas participer  à la conférence de Tunis. « L’invitation est encore à l’étude, mais le Liban ne participera probablement pas à cette conférence, parce qu’il ne veut pas prendre part au conflit (en Syrie) », estime le quotidien panarabe, qui cite des sources proches du ministère des Affaires étrangères. Le quotidien An-Nahar rapporte également ce mardi que Adnan Mansour a décidé de ne pas participer à la conférence. Des sources interrogées par L’Orient-Le Jour indiquent également que le Liban se tiendra à l' »écart » de la conférence de Tunis ».

 

« Consensus et message unifié »

La Tunisie accueille vendredi une « conférence des amis du peuple syrien », une proposition de Paris et Washington. Celle-ci va chercher à dégager « un consensus et un message unifié » des membres de la communauté internationale, qui y participeront, selon le ministère tunisien des Affaires étrangères.

Le régime du président syrien Bachar el-Assad fait face à un mouvement de contestation depuis onze mois. Le bilan de la répression de ce mouvement a déjà fait plus de 6.000 morts en Syrie selon les Nations unies.

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