Grèce: marche arrière du gouvernement ?

Le 13 février, avec agences de presse

 

Le gouvernement grec finira-t-il par céder? Face à la pression de la rue, lundi 13 février, il a annoncé des élections anticipées en avril prochain après une nuit d’émeutes. La capitale grecque a été secouée par de violentes protestations, dans la nuit du 12 au 13 février. Dimanche 12 février, quelque 80.000 manifestants sont descendus dans les rues d’Athènes pour protester contre le plan d’austérité proposé par le gouvernement en vue de redresser la situation économique du pays. Ce plan prévoit notamment des réductions de 20% des
salaires des travailleurs du secteur privé, la suppression dans l’année
de 15.000 emplois publics ou encore de nouvelles coupes sur certaines
retraites.

Une véritable guérilla urbaine s’est alors déroulée dimanche dans les rues d’Athènes. Manifestants et policiers s’opposaient, parfois violemment. Au moins 122 policiers et citoyens ont été blessés. Des bâtiments ont été la proie des flammes déclenchées à l’aide de pistolets lance-flamme, bombes incendiaires ou encore cocktails Molotov lancés par une partie des manifestants. Les affrontements ont atteint leur paroxysme près du Parlement, où se tenaient les débats pour approuver le plan de rigueur lancé par le gouvernement, alors gardé par 3.000 policiers.

 

Faillite

Ce plan d’austérité, rejeté par la population, est d’une certaine manière « imposé » par l’Union européenne. Il devrait faire bénéficier à la Grèce de prêts
publics de 130 milliards d’euros et d’un désendettement via l’effacement
de 100 milliards d’euros de créances. Cette somme permettrait au
gouvernement de rembourser, au mois de mars, un emprunt d’État de 14,5
milliards d’euros. Quelques années plus tôt, toujours pour sauver la Grèce, minée par la crise financière de 2009 et risquant d’entrainer avec elle toute la zone euro, les pays voisins lui ont accordé une aide substantielle de 110 milliards d’euros.

Mais au bord de la « faillite » et menacé d’être expulsé de la zone euro, le pays n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Son marché des obligataires a été gelé au début de l’année 2010. Les agences de notation ont enfoncé le clou en dégradant à maintes reprises la note du pays, faisant fuir tout investisseur et les banques. Dans un premier temps, le gouvernement avait réduit de 10% les salaires des employés de la fonction publique qui représentent le quart de la main d’œuvre du pays. Une mesure insuffisante, et le pays s’est noyé davantage dans la récession.

Inévitable

Les investisseurs ont continué à exiger de taux d’intérêt de plus en plus hauts, dégradant ainsi la situation financière de la Grèce. Les plans d’austérité se sont suivis et les réponses ont toutes été par le feu, comme en octobre dernier. L’Union Européenne a alors demandé des mesures supplémentaires de garantie, en contrepartie de la réduction de moitié de la dette du pays. Impuissant face au mécontentement et à la frustration de son peuple, le Premier ministre George A. Papandreou a démissionné en novembre 2011, cédant son poste à Lucas Papademos, économiste et ancien vice-président de la Banque Centrale Européenne.

Le nouveau Premier ministre a continué sur la route de la rigueur, estimant que les nouvelles mesures d’austérité du mois de février étaient importantes et que les parlementaires avaient à choisir entre deux alternatives : »avancer avec l’Europe et la monnaie unique » ou « précipiter le pays dans la misère, la banqueroute, la marginalisation et l’exclusion de l’euro ». Un plan jugé par le ministre des Finances Evangelos Venizelos, « inévitable pour éviter la faillite  » .

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here