Chine: Une place à prendre

Chine: Une place à prendre

Le nouveau gouvernement doit trouver des solutions novatrices pour endiguer le chômage structurel, dont sont victimes de larges franges de la société tunisienne. Et c’est dans ce cadre, qu’une voie royale s’offre à lui : devenir le représentant régional de la Chine. C’est là une mine inépuisable de développement et de prospérité pour tout le pays.

En effet la Tunisie se trouve au cœur du bassin méditerranéen, et au centre de l’Afrique du nord. Elle  jouit ainsi d’une géographie idéale, afin de jouer le rôle de distributeur des produits chinois, d’abord pour ses voisins immédiats, puis pour l’Afrique et la méditerranée toutes entières !

Lorsque je fréquentais les marchés de gros de Guangzhou, en Chine, j’ai toujours été frappé par le nombre important des clients arabes et africains, qui sillonnent matin et soir, les allées interminables des  » market building cantonais « . La plupart de ces acheteurs sont de petits ou moyens importateurs, à l’instar des économies de leurs pays d’origine. Mais leur nombre est tellement important, que ça finit par faire la joie des grossistes chinois. En revanche, tous ces clients ne cessaient de se plaindre des frais  exorbitants de leurs déplacements jusqu’en Chine. Je suis donc persuadé qu’ils seraient tous ravis de trouver un relais proche de leur pays d’origine!

Dubaï  par exemple, a déjà réussi à endosser ce rôle, pour les pays du  Moyen-Orient, et ceux de l’Afrique australe. Et si Tunis tergiverse, c’est Casablanca, Tanger, Alexandrie, ou encore le Caire, qui risquent de lui en ravir la place !

Cependant, et afin de pouvoir s’ériger en hub régional, pour le commerce des produits chinois, le rôle du gouvernement est décisif, dans la mesure où la condition première pour cet ambitieux projet, n’est autre que la construction d’infrastructures spécifiques :

– Un port aux standards internationaux, capable de traiter des volumes importants, et en un temps record.

– Des parcs logistiques, meublés d’entrepôts aménagés, et prêts à l’emploi.

– Des centres commerciaux spécialisés, composés de showroom, où seraient exposés tous les produits proposés à la vente et où les clients de divers pays voisins viendraient y rencontrer leurs fournisseurs. 

Inutile de préciser que la mise en place de ce dispositif devrait aller de paire avec le développement de ressources humaines adéquates, la mise à niveau du droit du commerce en particulier et de celui des affaires en général.

Notre position idéale au beau milieu de ce grand ensemble que sont l’Europe, l’Afrique, et le monde arabe, avec ses 500 milliards de dollars d’échanges avec la Chine, devrait nous inciter à insérer la Tunisie, dans ce mainstream du commerce mondial. Et pour mener à bien cet ambitieux projet, nous pouvons nous inspirer des expériences réussies de Dubaï et de Bangkok. Cette dernière a ainsi réalisé plusieurs couples, centre commercial/parc logistique, afin de capter une partie des flux commerciaux Chine-Monde en général et Chine-Asie du sud en particulier. A titre d’exemple, la  » Bangkok free trade zone « , immense hub logistique, s’étale sur plus d’1,6 million de mètres carrés et la  » Chineese city of trading « , en plein centre de la capitale thaïlandaise, gigantesque centre commercial, est prévue pour accueillir plus de 70.000 grossistes chinois.

Par ailleurs, armés de notre accord de libre échange et de notre proximité naturelle avec l’Europe, nous pouvons aussi encourager les groupes industriels chinois à venir s’installer chez nous, en leur aménageant des zones industrielles dédiées, telles que les Thaïlandais l’ont déjà fait, en réussissant à vendre aux entreprises chinoises leur propre accord de libre échange avec les USA. Là encore, et afin d’illustrer leurs avancées, il suffit de citer la fameuse cité industrielle  » Rayong « , construite sur plus de 4 millions de mètres carrés!!

Pour employer une métaphore,  le monde aujourd’hui est une scène de théâtre où une réalisatrice, nommée Dame Mondialisation, a devant elle plus de 200 pays/candidats venus participer au casting; et tous désireux de camper un des personnages de la XXIème pièce de cet auteur à succès! Et si les rôles principaux ne peuvent échoir qu’aux stars internationales, telles que l’Europe, les USA, et le BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud), la concurrence, pour jouer les autres rôles de la pièce, demeure ouverte. Seuls les pays les mieux préparés pourront monter sur la scène mondiale! Quant aux recalés, ils devront se contenter d’un strapontin, pour suivre de loin et en spectateurs passifs, la trame de l’Histoire s’animer et se développer devant eux!         

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