Tollé autour des propos de Sadok Chourou

Tollé autour des propos de Sadok Chourou

Le Dr Sadok Chourou, élu d’Ennahdha dans la circonscription de Ben Arous, s’est attiré les foudres, lundi 23 janvier 2012, lors de la tenue de la séance de l’Assemblée constituante.

Alors qu’il dénonçait la vague des sit-ins qui sévit dans le pays, Sadok Chourou a cité le verset suivant : ” le paiement de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager et qui s’efforcent au désordre sur la terre, c’est qu’ils soient exécutés, ou crucifiés, ou que leur soit coupée la main et la jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés de la terre: voilà pour eux l’ignominie d’ici-bas; et dans l’au-delà il y a pour eux un énorme châtiment ” ( Al Maeda, la sourate 5 verset 33).

Au sein de l’Assemblée constituante, peu de réactions. Et Mustapha Ben Jaâfar, le président de l’Assemblée, n’a pas réagi et est passé ” au suivant “. Mais quelques heures après cette citation controversée, hommes politiques et membres de la société civile sont montés au créneau.

” La liberté d’expression a des limites “

” C’est catastrophique “, a résumé Hamma Hamami, le dirigeant du PCOT. Contacté par téléphone, il a regretté qu’au ” XXIème siècle, des gens qui se battent pour leurs droits soient traités de la sorte et condamnés implicitement à être tués. Ces propos sont très dangereux pour le peuple et ce pays “, a-t-il estimé avant d’expliquer que ce verset coranique avait été écrit ” dans une véritable situation de guerre entre musulmans et non musulmans “. A ses yeux, ” cela montre que les membres d’Ennahdha considèrent toute protestation contre eux comme une guerre lancée à leur encontre et celle de l’Islam “.

Même véhémence dans les propos d’Abdessattar Ben Moussa, le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, qui ” condamne ce qu’a dit Sadok Chourou “. ” Il ne faut pas que ce genre de déclarations se reproduisent au sein de l’Assemblée constituante. Il est député et représente le peuple. Comment peut-on accepter les propos d’un député qui demande la mort de ses concitoyens ? “, pose-t-il. En tant que défenseur de la liberté d’expression, il estime que ” ce n’est pas de la liberté d’expression cela. Ces propos appellent à la haine et portent atteinte à la vie. La liberté d’expression a des limites “.

Pour Chokri Belaïd, secrétaire général de Watad, ” ces propos sont très dangereux. Ils incitent au meurtre et à la torture. Ils vont à l’encontre des traités internationaux et de la loi tunisienne “, rappelle cet avocat de formation.

Incompréhension

Des accusations que réfute Sadok Chourou. ” Ce n’est pas un incitation à la haine. Je ne suis pas pour l’application de la charia (loi islamique) mais pour celle de l’Etat “, tient-il à préciser. Contacté par téléphone, le député s’explique : ” j’ai utilisé ce verset coranique non pas pour l’appliquer mais pour mettre en avant les dangers de ces sit-in et dénoncer les actes de vandalisme. Je suis pour le droit de ces gens à manifester et protester, mais contre les actes de violences. ” A ses yeux, ses propos ont été instrumentalisés ” par la gauche pour décrédibiliser Ennahdha et entraver le travail du mouvement “.

” C’est une tradition chez les Nahdaouis, fustige Hamma Hamami. A chaque fois, ils lancent quelque chose pour tester l’opinion et après expliquent qu’ils n’ont pas voulu dire cela et qu’on a mal compris “

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