Le rôle des femmes d’affaires dans la relance économique

Le rôle des femmes d'affaires dans la relance économique


La chambre régionale des femmes chefs d’entreprise a organisé le 17 janvier une conférence sous le thème “renforcement de la contribution des chefs d’entreprises de toutes les régions de la Tunisie à la relance de l’économie nationale”. Alors que le premier panel a été animé par des politiciens qui ont évalué et commenté cette contribution, la deuxième partie de la conférence a été conduite par des experts économiques.

Le premier des intervenants, Ezzeddine Saidane, a axé son intervention sur deux parties. Il a premièrement exposé les conditions de la relance économique, à savoir la normalisation de la situation sécuritaire et l’arrêt total des grèves et sit-ins. Cet expert économique et financier a par la suite énuméré des propositions pour que l’activité et les investissements reprennent leur court normal. Il s’agit d’abord d'”améliorer la situation des entreprises, en renforçant leurs fonds propres et leurs relations avec les banques, l’administration, le corps fiscal et la CNSS”. Selon lui, la relance économique est aussi “tributaire de la mise à niveau des compétences et des ressources humaines au sein des entreprises tunisiennes”, dans le cadre d’une stratégie nationale et d’actions menées à l’échelle locale.

“Travailler dans la dignité”

L’importance du développement régional, en tant qu’une forme d’actions personnalisée selon les spécificités des populations locales, a été illustrée par Asma Ben Hmida, dirigeante de Enda interarabe. Cette spécialiste de la micro-finance a présenté à l’assemblée l’expérience de son institution dans l’ancrage de l’esprit d’initiative entrepreneuriat auprès des Tunisiens n’ayant pas accès aux services des institutions bancaires traditionnelles. Forte d’une expérience de 22 ans dans le secteur du microcrédit, Asma Ben Hmida conclut que la femme tunisienne est “entrepreneuse par nature”: “les Tunisiens sont travailleurs et tout à fait capables d’auto emploi”. Selon elle, ils n’ont “pas besoin de charité, ils ont besoin de travailler dans la dignité”.

Après une intervention d’une jeune artisane qui a exposé les difficultés dont souffrent sa profession et les défis à relever dans le secteur de l’artisanat, c’était le tour des spécialistes de la presse économique de s’exprimer. Taieb Zahar, président du groupe de presse “Maghreb Média” et directeur de l’hebdomadaire Réalités, a affirmé que “la création des conditions de la relance passe premièrement par une analyse objective et pertinente du passé”. Il faut “préserver les acquis et bâtir sur ce qui a été fait”. Il a également souligné certaines actions jugées “incohérentes” du gouvernement, à l’instar de la commémoration du 14 janvier, dont il regrette le peu d’éclat. Selon lui, le premier anniversaire de la révolution aurait pu constituer une occasion pour redorer l’image de la Tunisie en invitant par exemple 40 ou 50 pays ou en transformant l’occasion en une conférence de donateurs.

Hédi Mechri, président du groupe de presse “Promédia” (auquel le site Internet de l’Economiste Maghrébin appartient, ndlr) a, pour sa part, affirmé que “la relance n’est pas facile vu les endommagements de la machine économique”. Pour remédier aux “dégâts physiques, matériels, financier et surtout psychologiques des entreprises tunisiennes, une remise à niveau intégrale s’impose”. Parmi les solutions envisagées, l’ “amélioration de la relation de l’entreprise avec l’Etat et avec le fisc”. Le directeur des magazines “L’Economiste Maghrébin”, “Le Manager” et “L’Etudiant” a fini sur une note optimiste en soulignant “l’énorme potentiel du pays”, notamment sur le plan industriel. Selon lui, il y a peu d’entreprises industrielles en Tunisie. La marge de progression est par conséquent, “très importante”.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here