Edwy Plenel et Emna Mnif commentent les médias tunisiens

Edwy Plenel et Emna Mnif commentent les médias tunisiens

Le colloque 4M, intitulé “Tunisie: Révolution, Transition et Mutation” se poursuit ce 13 janvier à l’hôtel El Mechtel Golden Tulip à Tunis. Le 12 janvier, en début d’après-midi, Edwy Plenel, le fondateur du site Internet d’information Mediapart, recevait Emna Mnif, politicienne qui se définit comme “indépendante” depuis qu’elle a claqué la porte d’Afek Tounes.

Ensemble, ils ont évoqué l’évolution des médias depuis le 14 janvier. Des médias post-révolutionnaires qui n’arrivent toujours pas à faire leur révolution. Emna Mnif avoue avoir fait partie “de ceux qui accablaient les médias”, les accusant de “rechercher l’audimat” et d’essayer de “déculpabiliser” après le départ de Ben Ali, et surtout de ne pas “avoir réussi à recadrer les termes du débat peu avant les élections”. Dorénavant, elle a légèrement révisé sa position estimant qu’il “ne faut pas accabler tout le monde”.

A ses yeux, le plus inquiétant est “l’absence d’expérience -ou de volonté- démocratique de la part du pouvoir en place : il continue à garder sa posture de victimisation”, rappelant que “l’ingérence du pouvoir dans les médias est un vrai danger”. Mais “s’il y a bien une victoire, un acquis de cette révolution, c’est celui de la liberté de parole et de pensée”, note-t-elle.

“Il faut accepter ce bouillonnement”

Une liberté difficile à contenir parfois. Mais pour Edwy Plenel, “le processus révolutionnaire est toujours en cours en Tunisie. Les énergies qui se libèrent sont diverses et variées”, explique-t-il avant d’ajouter qu’il faut “accepter ce bouillonnement”, faisant référence aux “nouvelles à la main” distribuées peu après la révolution française.

Il a alors jugé bon de rappeler que le métier de journaliste est “l’information. Et dans un univers de plus en plus informé, c’est la plus-value informelle qui prime”. Edwy Plenel a regretté, “en ouvrant la presse francophone” de ne pas voir de reportages : “où sont les gens ?”

“Il faut enquêter! Que se passe-t-il  dans le pays ?”, demande-t-il. Un remarque partagée par Emna Mnif, qui “reproche aux médias de colporter la rumeur qui à leurs yeux, fait office d’information. Et quand le démenti tombe, ils continuent à être considérés comme non crédibles”.

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