“Le développement de ces régions, s’il n’est pas bien fait, peut prendre 50 ans”

“Le développement de ces régions, s’il n’est pas bien fait, peut prendre 50 ans”

Les 8 et 9 janvier, Adrianus Koetsenruijter, le chef de la Délégation de l’Union européenne à Tunis, s’est rendu à Thala et Regueb.

>Pourquoi vous êtes-vous rendus à Thala et Regueb ?

Il y a un an, la tuerie qu’il a eu dans ces deux villes a été le point de rupture de la Révolution. Des photos ont circulé sur Facebook et à partir de ce moment-là, la révolution a commencé.

Je connaissais déjà ces régions pour y avoir été en juin. Mais cette fois, j’ai été invité par l’association de développement de Regueb et Thala Solidaire, pour commémorer les martyrs. J’ai évidemment accepté mais je voulais aussi voir comment ça se passait sur place, parler aux associations.

Je n’ai pas rencontré le gouverneur car je l’avais vu les 17 et 18 décembre lorsque j’étais à Sidi Bouzid. Mais j’ai rencontré les maires de ces deux villes. Et le Premier ministre était également présent.

J’ai pu parler aux familles des martyrs, nous avons assisté à toute la commémoration et nous étions aussi présents au cimetière. Nous avions une quinzaine de journalistes avec nous. Pour certains, c’était la première fois qu’ils allaient là-bas.


>Depuis juin, quels changements avez-vous observé ?

Il y a plus de participations, les partis politiques sont plus présents. Et la prise de conscience plus importante. Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est la colère et l’impatience dont font preuve les gens. Ils disent que ” rien ne s’est passé, rien n’a changé “. Mais j’essaie de leur dire que non, qu’on a fait des choses pour eux.

>Concrètement, qu’a fait l’Union européenne pour ces personnes ?

Avec la BAD on a versé une importante contribution à l’Etat pour le développement de ces régions. Le montant total est d’un milliard d’euros. L’Union européenne a donné elle, 100.000 euros. Nous allons ainsi aider à définir et essayer de soutenir la politique adoptée par le gouvernement sur ces régions.

On a lancé des appels à la société civile pour travailler conjointement. En juin, par exemple, on a demandé à Enda-inter arabe (ONG de microcrédit) de venir s’installer à Thala. Le microcrédit permet de développer l’économie locale, de faire vivre sa famille et surtout l’argent circule dans la région. J’ai reçu 64 dossiers de demandes de microcrédit que j’ai transmis personnellement à Enda. Dix ont été approuvés. Cela est du concret.

Mais quand on me dit dans la rue qu’on ne fait rien, que c’est trop long, j’essaie d’expliquer que par exemple, si la Banque Européenne d’Investissement veut venir construire une route, cela prend un an à un an et demi. Et attirer les investisseurs est aussi compliqué. Le développement de ces régions, s’il n’est pas bien fait, peut prendre 50 ans. L’ancien ministre provisoire du développement était bon. Le nouveau aussi. Nous nous sommes déjà rencontrés et il veut que nous nous voyions une fois par mois pour voir ce qu’on peut faire ensemble. C’est très positif.

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