Moncef Marzouki, « l’esprit colonial, c’est terminé »

Moncef Marzouki, “l'esprit colonial, c'est terminé”
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Avec agences de presse

Les Français, « prisonniers d’une doxa au sujet de l’islam », sont « souvent ceux qui comprennent le moins le monde arabe », déplore, dimanche 18 décembre dans les colonnes du Journal du Dimanche, le nouveau président tunisien, Moncef Marzouki, pour qui les craintes des Occidentaux à l’égard d’Ennahdha sont « absurdes ». « J’ai très peu apprécié des considérations culturalistes, pour ne pas dire racistes, formulées à Paris par certains, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine qui se demande si l’Occident doit exporter sa démocratie. Comme si la démocratie était propre aux pays occidentaux », fustige Moncef Marzouki. « L’esprit colonial, c’est terminé. La révolution de janvier 2011 nous a donné la démocratie, la République et finalement l’indépendance », ajoute-t-il.

L’ancien opposant de gauche et défenseur des droits de l’homme, longtemps exilé en France, estime : « Les craintes à l’égard d’Ennahda sont absurdes. Notre société recèle une partie conservatrice et une autre moderne. L’expression politique du conservatisme, c’est l’islamisme. Vous avez des partis démocrates-chrétiens en Europe, nous avons un parti démocrate islamiste. » Moncef Marzouki défend « le bon contrat de gouvernement » conclu avec les islamistes, qui, « pour la première fois, acceptent la démocratie et les droits de l’homme ».

« J’ai aidé à rapprocher les islamistes de la démocratie et des droits de l’homme ; eux m’ont influencé en me persuadant que vous ne pouvez pas réformer ce pays sans prendre en considération la religion et l’histoire », assure-t-il. Moncef Marzouki a nommé officiellement mercredi l’islamiste Hamadi Jebali, numéro deux du parti Ennahda, au poste de chef de gouvernement.

Le 16 décembre, le président avait accordé une interview à la chaîne de télévision France 24. Il déclare que Ben Ali « a voulu enterrer Bourguiba » et assure qu’ « un jour, ce palais [de Carthage, ndlr] sera ouvert aux Tunisiens », avant de revenir sur l’Assemblée constituante et le partage du pouvoir. Il avoue préférer un « régime mixte » face à un régime parlementaire et un régime présidentiel.

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