Quand l’Audace plagie

Le 24 novembre, le bimensuel L’Audace n’a effectivement pas manqué d’audace. A la Une de son numéro 20 est publié une enquête sur ce qui s’est passé le 14 janvier 2011, jour où Ben Ali a pris la fuite. Selon Néjib Lakenji, le rédacteur en chef adjoint, le numéro se serait vendu “entre 10.000 et 12.000 exemplaires”, précisant que ce n’était “pas exceptionnel”.

Mais cette enquête n’a pas été menée par la rédaction tunisienne mais par Mediapart. Ce site Internet français qui a la particularité de ne vivre que des abonnements de ses lecteurs, a en effet publié une enquête exhaustive sur la journée du 14 janvier, le 10 novembre. Enquête à laquelle le président déchu Ben Ali a fait parvenir une réponse.

Sur son blog, Pierre Puchot, l’auteur de l’article qui a été alerté par un ami à Tunis, remarque que “ne craignant pas le ridicule, et dans sa hâte de reprendre l’enquête sans citer ni même en informer Mediapart, l’Audace a reproduit telle quelle l’incise qui permet au lecteur de Mediapart de… cliquer sur l’onglet  Prolonger pour consulter les documents originaux de la justice tunisienne que nous avons rendus publics”. Capture d’écran à l’appui.

Contacté par l’Economiste Maghrebin, il explique ne pas avoir eu de réponse de la part de Slim Bagga, le directeur de la publication et rédacteur en chef de l’Audace, ainsi que de Nejib Lankenji. Avec François Bonnet, le directeur éditorial du site d’information français, ils les ont contactés “à plusieurs reprises depuis mardi 13 décembre. On souhaite trouver un arrangement”, explique Pierre Puchot. Le 13 décembre, la rédaction parisienne a envoyé un courrier électronique à Néjib Lakenji, expliquant que si un arrangement n’était pas trouvé, Mediapart devrait faire appel à son avocat “pour examiner les suites à donner de cette affaire.”

A l’Economiste Maghrébin, Néjib Lakenji a assuré que Slim Bagga était “en ce moment à Paris”, “devait contacter Pierre Puchot” -ce qui, selon ce dernier, n’a pas encore été fait- “pour trouver un arrangement”. Et quand on demande à Néjib Lakenji pourquoi avoir reproduit cet article sans avoir alerté la rédaction parisienne, la réponse est toute aussi évasive: “il faut demander à Slim Bagga”.

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