Manifestations russes : le nouveau combat de Poutine

Manifestations russes : le nouveau combat de Poutine


Depuis le scrutin législatif du 4 décembre, la Russie est secouée par des protestations. Des milliers de protestataires sont notamment descendus dans la rue à Moscou et Saint-Pétersbourg, dénoncer des fraudes électorales. Ils demandent surtout l’annulation des résultats des élections qui ont abouti à la victoire du parti Russie unie, parti présidé par le chef du gouvernement Vladimir Poutine.

Ce parti, qui se revendique centriste patriotique, tant par son appellation que par le nombre grandissant de ses adhérents, a raflé 238 sièges sur les 450 sièges de la Douma, la Chambre basse du Parlement. Fondée en décembre 2001, Russie unie est parvenue en l’espace de quelques années à se positionner sur le devant de la scène et à devancer ses rivaux des autres formations politiques majeures du pays, à savoir : les communistes du Parti communiste de la Fédération de Russie, les sociaux démocrates du parti Russie juste et  les libéraux du Parti libéral-démocrate de Russie.

“Duo d’enfer”

Les succès réalisés par Russie unie, que ce soit durant ces élections législatives, ou celles de 2003 et de 2007, sont l’œuvre du couple Poutine-Medvedev, un duo d’enfer, selon les observateurs du paysage politique russe.

La complicité des deux hommes date de nombreuses années. Amitié calculée ou rivalité saine, la relation entre les deux est solide. Vladimir Poutine, 59 ans, deuxième président de la fédération de Russie, de 2000 à 2008, n’a cédé son poste à Dmitri Medvedev, 46 ans, que pour devenir son président du gouvernement. L’hégémonie du couple sur la scène politique s’est ainsi poursuivie durant les trois dernières années, et continuerait dans les années à venir, notamment avec la victoire de Russie unie et la candidature de Vladimir Poutine à l’élection présidentielle de mars 2012. Ce dernier a affirmé lors du dernier congrès de son parti, qui s’est tenu le 24 septembre 2011 à Moscou, qu’une fois élu, son chef de gouvernement ne sera autre que son ami Medvedev.

Le 13 décembre, les protestataires étaient toujours mécontents et réclamaient le départ de Vladimir Poutine. Le mouvement anti-Poutine tient encore, bien qu’il soit étouffé par les forces de l’ordre qui se sont fortement déployées dans les grandes villes russes et ont procédé à de larges vagues d’arrestations. Le mécontentement a également été ressenti auprès de plusieurs politiciens de l’opposition qui essaient de récupérer l’élan contestataire des citoyens. Face à ces protestations, le Kremlin est bien décidé à rejeter toute concession. La pression de la rue, parviendra-t-elle à faire plier Vladimir Poutine, judoka et homme fort de la Russie?

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