L’Egypte s’enfonce dans la crise

L'Egypte s'enfonce dans la crise

Ils étaient à peine une cinquantaine de jeunes réunis devant le siège de l’ambassade d’Egypte. « Nous sommes venus pour dénoncer la mascarade qui se déroule en Egypte. Les militaires sont en train de leur confisquer leur révolution »; c’est en ces mots que nous a répondu Majdi, un jeune homme de 22 ans. Des jeunes, pour la plupart  étudiants, se sont donnés rendez-vous via le réseau social Facebook pour se réunir vendredi 25 novembre après la prière d’Al-Jomoa’.

 L'Egypte s'enfonce dans la crise

« Nous sommes déçus, on est peu nombreux. Mais qu’importe, nous sommes là pour montrer notre soutien à nos frères égyptiens », nous a confié Nadia, 20 ans, avant de rejoindre ses compagnons. Ils scandent des slogans hostiles au maréchal Mohammed Hussein Tantaoui, au pouvoir en Egypte depuis février. « De la Tunisie à Tahrir, on fera la révolution jusqu’à la victoire! », « A bas le régime militaire, à bas le maréchal Tantaoui! »ou encore « Révolution civile, contre l’assaut militaire! ». Les slogans sont variés, mais le message est le même : le départ de « la junte militaire » en Egypte et la restitution du pouvoir aux civils.

L'Egypte s'enfonce dans la crise

En Egypte, la protestation ne faiblit pas, alors que le scrutin législatif se tient le 28 novembre. Des dizaines de milliers de manifestants ont organisé un campement devant le siège du gouvernement, place Tahrir, au Caire. Malgré les assauts de la police, qui ont encore fait un mort dans la matinée du 26 novembre, ils ne semblent pas prêts à renoncer à leurs revendications. Pourtant, leur rassemblement, dit de « la dernière chance », est menacé. Soutenu par Al-Azhar, principale institution religieuse d’Egypte, il a donné naissance à une contre-manifestation sur la place – et le pont – d’Abbassyia, où des sympathisants du régime pro-militaire affirment leur soutien et leur « amour » au maréchal.

 

Dans les coulisses de la politique, la situation est aussi compliquée que dans la rue et les places cairotes. Le conseil militaire a tenté, en vain, de désamorcer la crise. Après la démission du gouvernement d’Essam Charaf, le 22 novembre, suite aux heurts meurtriers qui ont secoué le pays, il a désigné, vendredi 25 novembre, Kamal al-Ganzouri comme nouveau Premier ministre. Ce choix ne semble satisfaire ni les manifestants ni une large frange de la classe politique égyptienne: ce nouveau premier ministre qui a été, notamment, de 1996 à 1999, le Premier ministre sous Hosni Moubarak, est effectivement loin de faire l’unanimité. Or le consensus est de mise à l’approche des élections du 28 novembre.

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