Jean-Jacques Annaud au pays de l’ « Or Noir »

Jean-Jacques Annaud au pays de l' “Or Noir”

C’est l’histoire de la découverte du pétrole dans un pays inconnu, où tout le monde parle anglais et où le prince Auda, petit rat de bibliothèque qui porte des lunettes rondes dès son plus jeune âge, devient un lion du désert.

Avec Or Noir (sorti le 23 novembre en France et en Tunisie), Jean-Jacques Annaud revient sur une thématique vue et revue sur les écrans. Produit par Tarek Ben Ammar, ce film a été tourné pendant huit semaines quelque part près de Tozeur avant de regagner les studios d’Hammamet. Un film à gros budget (40 millions d’euros) où les moyens humains (15.000 figurants, 300 chameliers et près de 600 cavaliers) ont remplacé ceux de la technique. Et les confrontations finales en sont un exemple : elles mobilisent une foule de plus en plus rare sur les grands écrans.

Pendant deux heures, le réalisateur raconte ici une histoire comme on n’en fait plus. On pourrait rire de ce film qui tombe, par moment, dans la caricature. Mais cela serait négliger la légèreté avec laquelle certaines thématiques sont abordées. Or Noir évoque, avec un détachement incroyable, la place de la femme dans la société, le poids de la religion ou encore la lutte pour le contrôle du pétrole.

C’est l’histoire de deux frères que leur père, le prince Amar (Mark Strong) donne en otage au prince Nessib pour assurer la paix des deux peuples. Une paix éphémère que l’appel de l’argent va désacraliser. Le prince Nessib, soucieux de modernité, ne peut résister à la tentation. Et à ce jeu de prince bling bling extravagant et tout en mimiques, Antonio Banderas excelle. Aux scènes d’extraction du pétrole se succèdent celles de l’accumulation des richesses sur fonds de djellabas blanches. Une folie des grandeurs qui inquiète le prince Amar, plus orthodoxe.

Entre temps, les deux frères ont grandi. Alors que l’aîné envisage de rejoindre son père pour lutter contre l’influence américaine, le second penche plus pour la modernité de son beau-père. Et pour s’assurer la fidélité d’Auda (Tahar Rahim), le prince Nessib lui offre la main de sa fille, incarnée par Freida Pinto, dont seul le sourire perce à l’écran.

Raconter comment Auda est passé des bibliothèques au champ de bataille reviendrait à livrer le peu de suspens du film. Car, comme tout conte de fées qui se respecte, le jeune prince binoclard et maladroit se transforme en pacha charismatique qui mettra la manne pétrolière au service du peuple. Un conte de fées, on vous dit!

>Visionnez la bande annonce:

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