“Nous avons rouvert notre bureau en Tunisie et nous nous sentons enfin libres dans le travail avec nos partenaires”

[citation url= »http://www.fnst-maghreb.org/ » cite= »Alexander Knipperts, directeur de programme pour la Tunisie de la Fondation allemande Friedrich Nauman »]« Nous avons rouvert notre bureau en Tunisie et nous nous sentons enfin libres dans le travail avec nos partenaires» [/citation]

La volonté de l’ancien système de tout contrôler, a dépassé, selon Alexander Knipperts, directeur de programme pour la Tunisie de la Fondation allemande Friedrich Nauman, les frontières de la Tunisie. « Ici, les choses n’étaient pas du tout faciles, nous travaillions sous le regard étroit de l’ancien système, qui ne voulait entendre que des louanges.  Son désir de contrôle total a dépassé les frontières mêmes de la Tunisie et je me rappelle que lors d’une conférence organisée à Berlin en 2009 sur la politique méditerranéenne, j’ai dû faire face à  de fortes critiques de la part du personnel de l’Ambassade  de Tunisie en Allemagne, pour avoir exprimé librement mon avis sur le manque de liberté qui régnait en Tunisie.  Le monsieur m’a accusé d’avoir parlé sans connaissance de cause et de ne pas être au courant des avancées réalisées en matière de liberté et des droits de l’homme »,  souligne notre interlocuteur.

Et Alexander Knipperts  de poursuivre : « En tant que fondation étrangère, je peux dire que nous étions peut-être à l’abri des  abus directs, mais tout le mal consistait en ce que toute critique qui émanait de notre part, pouvait mal se répercuter sur nos partenaires tunisiens… ».

Alexander Knipperts  a rappelé que face  à l’atmosphère antidémocratique de l’époque, Friedrich Nauman était obligée de réduire le nombre de ses activités dans le pays, se limitant à une présence par correspondance. « Depuis janvier, nous avons rouvert notre bureau ici et nous nous sentons à l’aise avec nos partenaires tunisiens », déclare-t-il.

Et d’ajouter : « C’est vrai que quelques réflexes d’autocensure persistent encore, mais c’est tout à fait normal. Cela ira mieux avec le temps. Ce qui importe pour nous, c’est la volonté d’ouverture que nous avons perçue chez nos partenaires et qui nous pousse à renforcer notre coopération et à promouvoir davantage les principes libéraux qui sont le fondement de notre fondation ».

Il y a eu lieu de rappeler que la Fondation Friedrich Naumann est une fondation d’orientation libérale qui soutient les organismes et associations partenaires dans les pays où elle est présente : partis politiques, think tanks, associations d’entrepreneurs et autres organisations qui contribuent au développement d’une société libre et ouverte, qui protègent le droit à la propriété privée de tous les citoyens et leur permet de vivre dans l’autodétermination démocratique et dans un Etat de droit, à travers des séminaires, des ateliers de travail, des conférences et débats ainsi que des formations et du conseil stratégique.

Concernant la coopération avec les partis politiques,  Alexander Knipperts  nous a affirmé que son organisation est déterminée à soutenir les partis libéraux, sans avoir pour autant des préférences pour un parti donné. La victoire des islamistes ne lui pose pas problème, étant donné que cela résulte d’un processus démocratique. « Notre orientation est différente de la leur, mais dans tous les pays du monde, il y a des courants politiques différents, je ne porte de jugement particulier sur aucun des partis ».

Loin du champ de la politique, Alexander Knipperts  estime que les entreprises allemandes présentes en Tunisie connaissent bien la réalité  du pays et qu’elles sont loin d’être influencées par les craintes sur la montée d’un courant islamique en Tunisie, observées ailleurs.

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