Syrie : la crise s’intensifie

Syrie : la crise s'intensifie
Crédit photo: Flickr/Creativ Commons: Saleem Homsi

Dans sa dernière session extraordinaire tenue mercredi 16 novembre à Rabat, au Maroc, la Ligue arabe a donné un délai de trois jours à Damas pour laisser entrer des observateurs arabes dans le territoire syrien.

Rappelons que la Ligue arabe a récemment multiplié ses efforts pour forcer le régime syrien à mettre fin à la répression qui dure depuis huit mois déjà. Dans un pas décisif et inédit, l’organisation panarabe avait décidé, le 12 novembre, de suspendre la Syrie de ses travaux. Une décision chargée de signification qui a été adoptée par 18 des 22 membres. La pression arabe s’est confirmée par le rappel par plusieurs capitales arabes, comme Tunis ou Rabat, de leurs ambassadeurs à Damas. Ces pays réclament notamment le retrait des chars de l’armée syrienne des villes et l’arrêt immédiat de la répression sanglante du soulèvement.

La France a, pour sa part, rappelé, le 16 novembre, son ambassadeur en Syrie. Cette décision vient quatre jours après les attaques perpétrées contre consulat honoraire de France à Lattaquié et la chancellerie détachée à Alep. Tout comme celles du Qatar, de l’Arabie saoudite ou de la Turquie, les représentations diplomatiques françaises ont été la cible d’attaques par des inconnus favorables au régime d’Al-Assad.

En plus des pressions arabes, le régime du Baas se trouve de plus en plus isolé, notamment avec les contestations de ses alliés traditionnels, à l’instar d’Ankara qui a stoppé, mardi 15 novembre, ses explorations de pétrole communes. Il a dénoncé, une nouvelle fois, la répression sanglante qui a fait 3.500 tués depuis mars, selon l’ONU. Les messages du voisin turc sont de plus en plus fermes ; et ses responsables de plus en plus frustrés quant à la gestion baasiste de la crise. L’exaspération des Turcs a été clairement exprimée par le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dans une intervention au parlement le 15 novembre : « Personne n’attend de lui (ndlr, Bachar Al-Assad) désormais qu’il se conforme aux demandes de la communauté internationale. »

Pour essayer de calmer la communauté internationale, le régime a décidé de libérer 1.180 détenus, qui seraient, selon Damas, impliqués dans les violences sanglantes qui secouent le pays depuis mi-mars. Parmi eux, la psychanalyste Rafah Nached, 66 ans, emprisonnée depuis le 10 septembre, a retrouvée sa liberté.

 

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