L’UGTT menace d’une grève générale

L’UGTT menace d’une grève générale

« On a fait une révolution, on pourra en faire une autre », c’est en ces termes que Abid Briki, membre du bureau exécutif de l’UGTT répond aux accusations formulées contre le Secrétaire général de la centrale syndicale dont l’interdiction de voyage aurait été levée, selon les informations de Mosaïque FM. Une menace claire du bureau  au moment où circule le mot d’ordre d’une grève générale qui pourrait être décrétée incessamment.

« On touche à un doigt et c’est tout le corps qui est solidaire. Les attaques orchestrées par la commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation contre Abdessalem Jrad ne touchent pas sa personne mais c’est une tentative pour déstabiliser la Centrale syndicale et on ne va pas se laisser faire. L’UGTT a un fort potentiel de nuisance et ceux qui croient que nous sommes désormais faibles se trompent sur toute la ligne. Nous sommes toujours forts. Nous sommes toujours une force de mobilisation. Nous avons aussi des relations tentaculaires un peu partout dans le monde et le cas échéant, on pourra, sur le plan international,  mettre en doute le bon déroulement du processus démocratique du pays », annonce Abid Briki lors d’une conférence de presse tenue mercredi 16 novembre place Mohamed Ali où quelques centaines de militants se sont rassemblés sous le slogan : « L’UGTT indépendante, les travailleurs au dessus de tout ».

Rappelons que le juge d’instruction du 9ème bureau au tribunal de première instance de Tunis a pris la décision, en ce mardi 15 novembre 2011, d’interdire de voyage Abdessalem Jrad en attendant l’achèvement de l’instruction dans trois affaires dans lesquelles le secrétaire général de l’UGTT serait impliqué. Une décision dont la centrale syndicale exige l’annulation immédiate.

Des accusations infondées

L’UGTT a réagi avec force et pour cause explique-t-on. «Aucune des accusations portées contre Abdessalem Jrad n’est fondée», affirme Abid Briki qui énumère certaines d’entre elles.

Ainsi, selon lui, et pour l’accusation portant l’octroi illégal d’un crédit de 300 millions de la Banque de l’Habitat à Abdessalem Jrad pour l’acquisition d’immobilier, Abid Briki fait savoir que ladite banque n’a jamais accordé un prêt à Abdessalem Jrad. « Nous avons ici une attestation de la BH qui confirme nos dires. Nous avons aussi une correspondance de la commission à la BH pour un complément d’information. Seulement, elle est en date d’aujourd’hui (le 16 novembre 2011). Cela veut dire qu’on a accusé l’intéressé avant  même de vérifier les faits. Comment peut-on appeler cela ? Moi je dis que tout cela est une conspiration ourdie contre l’UGTT », affirme Abid Briki.

La requête en date du 14 novembre (cc M.A.B.R)
La requête en date du 14 novembre (cc M.A.B.R)

Concernant certaines interventions faites par le secrétaire général du syndicat auprès de l’ancien président, Abid Briki explique ces interventions par le fait que l’UGTT a toujours été un trait d’union entre l’exécutif et les revendications des ouvriers. « On sait tous que Ben Ali représentait tout l’exécutif. C’était le seul qui avait le pouvoir décisionnel. Il est donc tout à fait normal que lorsqu’on avait des requêtes, qui étaient toutes d’ordre syndical, on s’adressait directement à lui. Ce qu’on cherchait, ça a toujours été le résultat. Et c’est ainsi que nous avons obtenu justice pour beaucoup de nos militants. Ce fut le cas lors de son intervention au profit de travailleurs de la société Peugeot afin d’imposer le remplacement de leurs congés par une contrepartie financière. Ce fut aussi le cas lors de sa requête auprès de l’ancien Président Ben Ali afin d’intervenir en faveur du directeur des assurances Al Ittihad».

Abdelfattah Amor sur la sellette

Contre attaquant, le bureau exécutif a accusé lors de la conférence de presse, la commission d’investigation de jouer le jeu de certaines parties qui veulent imposer le chaos dans le pays. « Sinon comment expliquer qu’à aucun moment cette commission n’a pris la peine, avant de l’accuser, d’entendre Abdessalem Jrad comme cela a été le cas avec tous ceux qui ont été de près ou de loin impliqués dans des affaires de corruption. Chaque accusé a le droit de se défendre et il semble qu’au sein de la Commission, on a refusé d’accorder ce droit à Abdessalem Jrad. Or on sait pourquoi. Pour la raison la plus simple : ils n’avaient aucun dossier solide et on voulait malgré tout le salir, selon un agenda établi d’avance ».

Pour compléter le tableau, et pour l’occasion de la conférence, on a fait circuler un dossier de presse concernant Abdelfattah Ben Omor et ses relations avec l’ancien président qui lui a accordé en 1998 le prix présidentiel pour les droits de l’Homme.

Mais Abdelfattah Ben Omor n’a pas été le seul visé lors de la conférence. Certains mouvements politiques l’ont été aussi. « Nous disons à ceux qui veulent nous affaiblir que nous lutterons toujours pour un régime républicain, pour la liberté de la femme et du code du statut personnel, pour le droit des travailleurs pour une vie digne » affirme Ahmed Briki dans un message qui semble destiné à Ennahdha, même s’il s’est refusé à nommer ce parti expressément.

Manifestations à Tunis et à Sfax

Mercredi, tôt le matin des centaines de militants syndicaux se sont rassemblés spontanément place Mohamed Ali à Tunis. Le même rassemblement à eu lieu à Sfax.

«On est là pour montrer qu’on est solidaire », affirme Marouen Ben Salah du syndicat de la culture et de l’information. « Le fait qu’on sorte ces dossiers aujourd’hui, à quelques semaine du congrès, n’est pas fortuit. On nous veut du mal et cela ne passera pas. Nous sommes prêts à manifester chaque jour. Cela ne veut pas dire qu’on est inconditionnellement avec Abdessalem Jrad, seulement qu’on est capable de laver tout seul notre linge sale », ajoute-t-il.

Place Mohamed Ali, à Tunis, le 16 novembre (cc M.A.B.R.)
Place Mohamed Ali, à Tunis, le 16 novembre (cc M.A.B.R.)

En tout état de cause on dit que tous les manifestants présents à la place Mohamed Ali feront pression sur le bureau exécutif pour décréter une grève générale ce qui est tout à fait dans l’ordre des choses. C’est du moins ce que nous a fait savoir Abid Briki à la suite de la conférence de presse. « La Commission administrative de l’Union, qui est jusqu’à nouvel ordre en état de réunion permanente, annoncera, incessamment, une ou des décisions de la plus haute importance » et selon lui la grève générale est une des éventualités à prendre en considération.

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