Manifestation pour la libération des prisonniers tunisiens en Irak

Manifestation pour la libération des prisonniers tunisiens en Irak

Près de 300 manifestants, principalement des salafistes, se sont réunis, dès 10 heures, mercredi 9 novembre, devant le siège du ministère des Affaires étrangères. Ils viennent de Tunis et de ses banlieues, mais certains n’ont pas hésité à faire des centaines de kilomètres pour pouvoir soutenir les familles des détenus tunisiens en Irak.

« Nous sommes ici pour dénoncer l’arrestation et la disparition de centaines de nos confrères en Irak et pour inciter les autorités à travailler davantage pour les libérer et les retrouver dans les plus brefs délais», déclare avec enthousiasme un jeune homme de 20 ans, qui souhaite se faire appeler Hamza, avant de rejoindre la foule qui scande des slogans revendiquant la liberté et la dignité des ressortissants tunisiens.

Selon la secrétaire générale de l’Association des parents des prisonniers tunisiens en Irak, Halima Khaldi Aïssa, l’association a recensé environ une centaine de Tunisiens détenus ou portés disparus en Irak. « De plus en plus de familles dont les enfants sont emprisonnés ou disparus nous rejoignent. Les accusations contre les Tunisiens portent essentiellement sur la clandestinité de leur séjour ou la détention illégale d’armes depuis le déclenchement de la guerre en 2003». C’est « le devoir de combattre l’occupant américain » qui a, selon Hamza, poussé ces Tunisiens à se rendre en Irak.

« Nous espérons fédérer nos efforts et faire pression sur les responsables afin qu’ils s’allient à notre cause » a affirmé Halima Khaldi Aïssa, avant d’ajouter : « Nous saluons l’initiative du Cheikh Rached Ghannouchi et sa médiation pour la suspension de l’exécution de la peine de mort prononcée à l’encontre du prisonnier tunisien Yosri Triki, mais nous voulons que ce soit le cas pour tous nos fils emprisonnés dans les geôles irakiennes ».

 

Certains manifestants brandissent des banderoles hautes en couleurs et en revendications

Certains manifestants brandissent des banderoles hautes en couleurs et en revendications, d’autres des pancartes avec les portraits des prisonniers. Les mères et les pères des détenus, amassés devant le portail du ministère, sont toujours dans l’attente d’une réponse qui ne vient pas. Dans leurs mains, les portraits et les histoires de leurs fils. Et ce n’est pas sans émotion qu’ils relatent leurs souffrances. Saliha Medini, membre de l’association, raconte « le calvaire » de son fils, Mohamed Medini âgé de 25 ans : « il a été maltraité et torturé par les Américains et par les autorités irakiennes lors de son arrestation en avril 2009. Il a premièrement été incarcéré dans la prison d’Al- Roussafa, puis transféré dans la prison Al-taji. Depuis, toutes nos tentatives pour les libérer sont restées vaines, personne ne nous entend, et nous espérons qu’avec le nouveau gouvernement nos revendications seront prises en compte ». Aux côtés de ces familles, plusieurs parents de jeunes Tunisiens portés disparus sont également venus faire entendre leur voix.

Le nombre des disparus est inconnu, mais plusieurs manifestants estiment qu’ils seraient des milliers, non seulement en Irak, mais aussi au Liban ou en Syrie, à l’instar des frères Nizar et Néjib Chayeb, disparus dans le territoire syrien, depuis 2007.

Taher Harzi, un autre membre de l’association, déplore « l'indifférence » du ministère des Affaires étrangères

Taher Harzi, un autre membre de l’association, déplore « l’indifférence » du ministère des Affaires étrangères concernant l’incarcération de son fils Tarek détenu depuis 2007 dans la prison de Samarra, au centre de l’Irak. « Les autorités refusent de nous entendre, mais nous tenons à persévérer dans nos efforts», a-t-il affirmé: « cette manifestation est aussi un message pour le prochain gouvernement qui doit absolument traiter notre dossier en priorité. »

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