Juppé a appelé Ghannouchi

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a appelé lundi 7 novembre Rached Ghannouchi, le président d’Ennahdha, vainqueur des élections du 23 octobre en Tunisie avec 41,47% des suffrages, pour lui transmettre un « message de confiance sans préjugé ni procès d’intention ».
Lors de cet entretien téléphonique, le ministre a félicité le chef du mouvement islamique de sa victoire, a-t-on ajouté de même source.

Fin octobre, Alain Juppé avait conditionné l’aide du G8 à la Tunisie au respect des valeurs démocratiques. « Nous allons mettre en place une aide économique massive à la Tunisie », avait-il dit sur France Inter. « Naturellement, cette aide, nous l’apporterons dans la mesure où les lignes rouges ne seront pas franchies. Je pense que c’est important d’avoir cette conditionnalité », avait-il ajouté, en citant le respect de l’alternance démocratique, des droits de l’homme, et de l’égalité hommes-femmes.

En matière d’égalité entre les sexes, « la société tunisienne est très évoluée et il serait absolument dommageable qu’on fasse marche arrière. Donc on va être très vigilants et  nous avons les moyens d’exprimer cette vigilance », avait précisé Alain Juppé.

Des propos auxquels Rached Ghannouchi avait répondu sèchement dans un entretien publié dans le quotidien français Le Monde. « Nous n’avons pas besoin d’une telle parole pour respecter les droits de l’Homme. Cela fait partie de nos valeurs et de notre religion et les Tunisiens n’acceptent pas les aides conditionnées », avait-il fait valoir.

Dimanche, Alain Juppé avait déjà tenté de calmer le jeu en soulignant qu’il fallait « faire confiance » aux responsables d’Ennahdha et « travailler avec eux ». « Aucune révolution ne se passe dans le calme complet. Il va y avoir des difficultés. Il faut faire confiance », avait-il dit sur Europe 1.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here