Vers le renforcement du développement durable

Vers le renforcement du développement durable

Le développement durable a été au centre d’un séminaire tenu, le 26 octobre, à Tunis. Ce séminaire de concertation avait pour objectif de réunir environ 70 experts de l’environnement, de l’économie ainsi que des acteurs de la société civile afin qu’ils examinent le rapport national qui sera présenté par la Tunisie lors de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable (Rio + 20) en juin 2012. « Ce rapport vient évaluer les efforts consentis par la Tunisie en matière de développement durable depuis le sommet de la terre de Rio 1992. Le développement durable étant la cohérence et la convergence des trois piliers de développement à savoir, l’économique, le social et l’environnemental », explique Salah Hassini, le directeur général de la branche développement durable du ministère de l’Environnement. Rédigé sous l’égide de ce ministère, ce document de 24 pages a été écrit par une équipe d’experts et en collaboration avec le programme des nations unis pour le développement PNUD. « Le rapport dépiste les lacunes et les défis à relever et propose des solutions concrètes pour instaurer une politique solide de développement durable », a ajouté Salah Hassini.

Bilan « mitigé »

Ainsi la première partie évalue le progrès et les insuffisances dans la mise en œuvre du développement durable depuis le sommet de Rio de 1992, un développement jugé plutôt « mitigé » par Samir Meddeb, l’expert en environnement ayant présenté le rapport. La Tunisie a certes réalisé, en moyenne, une croissance économique de 4 à 5% par an depuis cette date, mais elle a été entravée notamment par une mauvaise gouvernance mais aussi par la structure même de l’économie tunisienne, qui est demeurée « classique » et « n’a pas misé sur des secteurs compétitifs à forte valeur ajoutée comme les technologies de pointe par exemple ». Une croissance économique qui ne s’est pas répercutée sur le plan social. Ainsi, l’économie tunisienne enregistre notamment plus de 700.000 chômeurs, un taux de chômage qui atteint 20%, et qui s’élève à plus de 40% parmi les diplômés de l’enseignement supérieur. Sans oublier que plus de 24% de la population vit avec 2,7 dollars par jour. Sur le plan environnemental, des efforts en matière d’assainissement et de gestion de déchets ont été fournis, sans pour autant être équitablement répartis entre les régions du pays : la disparité entre les régions côtières et les régions intérieures est « frappante ». Selon Samir Meddeb, « des problématiques institutionnelles et de gouvernance étaient souvent à l’origine de telles défaillances. Les  politiques dans ces domaines manquaient de clairvoyance et de cohérence, elles étaient souvent fragmentaires, isolées des processus de développement et surtout planifiées séparément des acteurs concernés et de la population. »

Les difficultés dont souffre la société tunisienne ne pourraient, selon les rédacteurs, être relevées, « que » par la mise en place  de réformes institutionnelles et juridiques. La deuxième partie du rapport s’attarde sur la nécessité de ces réformes afin de renforcer le cadre institutionnel régissant le développement durable. Elle souligne également l’importance de converger vers de nouveaux concepts tels que l’économie verte. Selon Salah Hassini, l’économie verte permet « le développement durable sans compromettre le développement des générations futures ».

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