Ennahdha menace de descendre dans la rue

Ennahdha menace de descendre dans la rue

« Selon tous les sondages, nous avons été toujours les premiers. Il est normal de penser que cela se traduira dans les urnes », annonce Rached Ghannouchi, le président du mouvement islamique lors de la conférence de presse tenue, le 19 octobre, dans les locaux d’ Ennahdha à l’Ariana. « Oui, nous pensons gagner, réitère-t-il, parce que nous sommes les mieux implantés dans le pays, mais aussi parce que nous sommes un parti centriste. Le Tunisien est, par essence, un citoyen modéré ».

Le ton se voulait rassurant. « Pour nous l’essentiel, ce n’est pas de savoir qui va gagner, mais de consolider la démocratie. Nous souhaitons que ce premier test soit une réussite, un premier pas vers une Tunisie démocratique, vers une réconciliation entre le Tunisien et la politique », ajoute-t-il, avant de préciser : « nous féliciterons tout gagnant et nous travaillerons avec lui. En contrepartie, nous demandons aux autres de faire de même et d’accepter le fait que nous puissions être les premiers, en espérant qu’ils acceptent de travailler avec nous ».

Un gouvernement d’union nationale

A l’image de la coalition dite du 18 octobre 2005 -qui réunissait tous les partis politiques, toutes tendances confondues dont Ennahdha, le PCOT, les patriotes démocrates et le PDP, contre un seul homme : Ben Ali- le mouvement a rappelé vouloir former un gouvernement d’union nationale. L’affirmant depuis plusieurs semaines, «  La Tunisie a besoin de toutes ses forces, de toutes les tendances, afin de construire la Tunisie que nous souhaitons tous, celle pour laquelle cette révolution a eu lieu »,  a déclaré le président d’Ennahdha.

Dans  la même veine, il a estimé que la coalition qu’envisage de créer le PDP avec d’autres partis au lendemain de l’élection dans le but d’exclure Ennahdha « serait anti-démocratique ». Il s’agirait selon lui de faire « taire une bonne partie des Tunisiens qui auront voté pour nous ». « Cela ne fera que diviser les Tunisiens et cette étape nécessite qu’on mette à part les idéologies, pour travailler ensemble, contre les forces antirévolutionnaires, celles qui nourrissent aujourd’hui  le tribalisme », a pour sa part ajouté Jebali, le secrétaire général du Mouvement.

Descendre dans la rue

La conférence a également été l’occasion pour le mouvement de faire le bilan de deux semaines de campagne. « Elle a été acceptable dans l’ensemble », rassure Abdelhamid Jlassi, directeur de la campagne électorale d’ Ennahdha, estimant cependant que « tout n’a pas été toujours dans les normes démocratiques. Mais pour un premier exercice de ce type depuis l’indépendance, il y a des signes rassurants». Il fait alors référence au rôle de l’ISIE ou encore à la présence des observateurs internationaux.

Les observateurs, selon M. Ghannouchi, sont les garants du bon déroulement des élections et devraient dissuader les fraudeurs. Dans tous les cas, Hamadi Jebali, le secrétaire général du mouvement a menacé : « Si Ennahdha se sent lésée, si nous avons la preuve que des fraudes ont eu lieu, nous redescendrons dans la rue pour continuer la révolution ».

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