Y a-t-il une stratégie tunisienne ?

Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Jamais la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale n’ont été autant ressenties. La Tunisie post-révolution s’est donc trouvée dans l’obligation de chercher une parade à cette « injustice », devenue, du coup, une priorité nationale absolue.

Ainsi, durant cette phase de transition démocratique, le débat sur la question de la pauvreté, de l’exclusion et de la justice sociale s’est imposé comme étant une thématique majeure qui interpelle les Tunisiens au même titre que la thématique politique et ceci eu égard aux aspirations du peuple tunisien pour une meilleure gouvernance garantissant des conditions de vie décente et une répartition équitable des fruits de la croissance.

Le Premier ministre Béji Caïd Essebsi a mis l’accent sur l’impératif de réviser le modèle social tunisien qui, a-t-il dit, est à l’origine du déclenchement de la révolution en Tunisie, dans la mesure où il a contribué à l’accroissement des disparités régionales.
Conscient de la gravité de l’enjeu, le Gouvernement de transition, à travers le ministère des Affaires sociales, vient d’organiser un séminaire international sur le thème : « Justice sociale et lutte contre l’exclusion dans un contexte de transition démocratique ».

Fossé entre promesses et réalité

Inaugurant le séminaire, M. Caïd Essebsi a encore une fois rappelé que la révolution tunisienne est venue démontrer le fossé qui existe entre les promesses et la réalité, mettant l’accent, à ce propos, sur la nécessité d’instaurer un dialogue entre le Gouvernement de transition et toutes les forces vives pour réviser les différents aspects du modèle social tunisien, élaborer une feuille de route pour fixer les priorités de développement social et tracer un plan d’action clair à même de permettre de promouvoir les catégories défavorisées dans les différentes régions.
Les efforts déployés en matière de consécration du principe de justice sociale, a-t-il indiqué, ont été couronnés par un ensemble de mesures pratiques, s’agissant notamment du renforcement des aides permanentes, de la régularisation de la situation des travailleurs de chantiers et en sous-traitance, de l’application des majorations salariales, de la facilitation d’accès aux micro-crédits et de l’organisation de concours de recrutement dans le secteur public.

Il a, dans ce contexte, rappelé que l’accueil par la Tunisie de plus d’un million de réfugiés en provenance de Libye s’est sensiblement répercuté sur  la situation sociale en Tunisie.
Les mesures, a-t-il ajouté, ont joué un rôle important dans la lutte contre l’amplification du chômage et de la pauvreté, mettant l’accent sur l’attachement à poursuivre la prise en charge sociale des familles défavorisées et à mettre en place un ensemble de mécanismes visant à favoriser l’insertion professionnelle des sans-emploi.
Il s’agit notamment, a-t-il indiqué, de la dynamisation de la formation complémentaire et de la création de projets pour absorber le chômage pendant 5 ans,  moyennant une enveloppe globale de 125 millions de dollars.

Politique, social et échéance électorale

« Gagner le pari de la justice et de l’insertion sociale n’est pas moins important que le succès de l’échéance électorale prochaine, étant deux conditions essentielles pour la réussite du processus transitoire et une réponse aux attentes des Tunisiens à la dignité et aux attributs d’une vie digne », a affirmé pour sa part M. Mohamed Ennaceur, ministre des Affaires sociales, relevant l’engagement du ministère à « renforcer les mécanismes de protection sociale afin d’endiguer la pauvreté ».
De son côté, Charles Dan, directeur régional de l’Organisation internationale du travail pour l’Afrique, a indiqué que la promotion des ressources humaines devrait être au premier rang des efforts du développement, en consécration des droits fondamentaux des individus, tels que les droits à la santé, à l’enseignement et au travail, dans le cadre de la justice et de l’égalité entre les catégories, les régions et les générations.

« Il n’y a pas de formule clef en main pour résoudre le problème de l’emploi », a-t-il observé, mettant l’accent sur le rôle dévolu au secteur privé, aux parties sociales et aux organisations internationales dans la promotion de ce secteur vital et dans le renforcement des programmes de protection sociale qui garantissent la sécurité et la stabilité des peuples.
En tout état de cause, le chemin vers une nouvelle justice sociale n’est pas de tout repos. M. Mohamed Ennaceur le dira clairement dans l’interview qui  suit.

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