“Nous devons encourager les investissements étrangers et tunisiens”

Samir Dilou - Nous devons encourager les investissements étrangers et tunisiens
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>L’Economiste Maghrébin: Dans votre programme, vous promettez de créer 590.000 emplois sur 5 ans, n’est-ce-pas un peu ambitieux?

>Samir Dilou: Je ne suis pas un spécialiste des questions économiques, mais on a le droit d’être ambitieux! Il ne faut pas s’arrêter au chiffre. Nous ne l’avons pas donné arbitrairement. Nous n’avons pas fixé le chiffre et essayé de trouver des moyens pour arriver à ces 590.000. Il est le fruit du travail de dizaines d’experts.

>L’Economiste Maghrébin: Mais, pour cela, vous vous basez sur un taux de croissance de 7%, comment comptez-vous atteindre ce chiffre?

>S.D.: Il s’agit d’un taux de croissance que l’on peut atteindre en luttant contre la corruption notamment. Le peuple tunisien est un peuple ambitieux, mais il n’a jamais été un peuple rêveur. Notre programme est réaliste et non populiste. Et c’est pour ça que nous avons attendu avant de le publier. Nous ne voulions pas faire de promesses qu’on ne pourrait pas tenir.

>L’Economiste Maghrébin: Comment comptez-vous tenir ces deux promesses?

>S.D.: Il faut tout d’abord diversifier les recettes de l’Etat, essayer de remettre sur pied le tourisme qui est en berne, encourager les investissements étrangers mais aussi tunisiens. Nous avons assisté pendant des années à un exode massif des hommes d’affaire tunisiens.

>L’Economiste Maghrébin: Dans votre programme, vous mettez l’accent sur l’ouverture à d’autres marchés, comme l’Amérique latine et le Japon. Et la Chine?

>S.D.: Nous n’avons pas parlé de la Chine? Il me semble que nous l’avons évoquée lors de la présentation du programme. Si ce n’est pas le cas, c’est une omission, nous devons revoir la copie surtout que la Chine est la puissance montante. Mais nous avons bien insisté en précisant que ce programme n’était pas définitif.

De toute façon, la Tunisie doit s’ouvrir davantage, même si elle doit évidemment consolider ses liens avec les pays européens qui sont ses partenaires traditionnels. Mais maintenant, il faut surtout réfléchir différemment. Les conditions qui nous étaient imposées par l’Europe dans le cadre du statut avancé doivent devenir la norme.

Avec la crise économique qui sévit en Europe, diversifier nos partenaires commerciaux est une nécessité. Nous préfèrerions traiter avec des pays démocratiques mais notre raisonnement doit être plus pragmatique qu’idéologique. Tout ce qui compte c’est le respect de la souveraineté, de non-ingérence et laisser place aux intérêts communs.

 

>L’Economiste Maghrébin: Pensez-vous que l’Union du Maghreb arabe soit un marché intéressant pour la Tunisie?

>S.D.: Il est difficile de développer des relations bilatérales ou multilatérales quand des frontières sont bloquées, comme entre l’Algérie et le Maroc.

 

>L’Economiste Maghrébin: Comment comptez-vous attirer des investisseurs étrangers?

>S.D.: Il s’agit plus d’une question politique qu’économique. On va évidemment mettre en place une batterie d’avantages fiscaux, mais la situation politique doit avant tout se stabiliser.

>L’Economiste Maghrébin: En parlant de fiscalité, comment analysez-vous l’environnement actuel?

>S.D.: On part de loin! La fraude fiscale est un véritable fléau. Un effort est à faire sur le plan juridique, mais la sensibilisation des citoyens au paiement de leurs impôts est importante.

>L’Economiste Maghrébin: Que pensez-vous du 26-26?

>S.D.: L’idée du 26-26 était une bonne idée, mais le problème c’était la gestion et la corruption cachée à l’aide de principes plus ou moins nobles. Dans notre programme, nous avons mis l’accent sur un secteur nouveau: celui de la solidarité qui repose essentiellement sur le développement de la société civile.

>L’Economiste Maghrébin: Vous faites ainsi référence à l’économie sociale et solidaire. Pouvez-vous nous donner votre vision de ce secteur?

>S.D.: En Tunisie, l’économie solidaire est ancrée dans nos mœurs, à travers notamment nos pratiques religieuses, comme le waqef et la zakat. Malheureusement, la situation politique a dévié ces pratiques.

Notre objectif est surtout de créer un débat autour de ces notions plus que de trouver des solutions. Et cela passe par la société civile plus que par l’Etat. Pour moi, le rôle de l’Etat est de garantir le respect de la loi, de la transparence. Je suis pour l’autorégulation. L’Etat ne doit pas être omniprésent.

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