Et le mystère reste entier

Il parait que l’absence de l’intéressé à cette conférence de presse est due à «des engagements professionnels liés au parti à l’étranger». C’est, du moins, ce qu’explique M. Mohsen Hassan, membre du bureau exécutif de l’UPL, venu le remplacer au pied levé.

Une grosse déception pour les journalistes venus en masse pour s’approcher de ce mystérieux Slim Riahi qui a investi la scène politique par une campagne de marketing dont l’ampleur suscite des interrogations sans fin et agace plus d’un parti pour qui l’UPL a entamé sa campagne avant l’heure.

«Nous avons le droit de dépenser notre argent pour nous faire connaître auprès du large public; dans ce foisonnement de partis, c’est du marketing politique», répond Mohsen Hassan. «Lorsque la campagne électorale démarrera, nous nous y soumettrons et nous respecterons les lois en vigueur», ajoute-t-il.

Cela n’explique pas d’où vient tout cet argent. Tout en «renvoyant les accusations à ceux qui les profèrent», M. Mohsen Hassan s’empresse de dissiper les doutes en affirmant que l’argent dépensé provient de son président. Ce dernier se montre, à l’occasion, confiant en affirmant que le parti est disposé à se soumettre à toutes les formes de contrôle.

Il n’en reste pas moins qu’il n’a pas voulu révélé les sommes dépensées pour cette campagne. «Elles seront connues lorsque la campagne aura été à son terme», se contente-t-il de répondre.

Qui est Slim Riahi?

Il a fallu toutefois assouvir la curiosité des journalistes présents et lever un tant soit peu le voile sur le personnage de Slim Riahi.

Selon un communiqué de presse distribué lors de cette conférence, il n’est autre qu’un Tunisien de 39 ans, originaire d’Enfidha, fils d’un juge, militant politique. Son père en effet avait fui la répression du régime de Bourguiba dans les années 80 pour s’exiler en Libye. Notre homme avait en ces temps-là dix ans et c’est en Libye qu’il a fait ses études avant de faire fortune dans le domaine pétrolier.

Le président de l’UPL, fondateur du groupe industriel, Capital Gate, réalise 70 % de son chiffre d’affaires en Europe et dans le Golfe et 30 % en Libye.

Depuis le 14 janvier, il décida de retourner au bercail et de fonder un parti dont il obtient le visa le 19 juin. Dans la foulée, il achète 5% de Carthage Cements et il s’apprête à acheter 20 % de Dar Assabah.

Pourquoi ce retour en force? «Ce sont ses affaires, c’est à lui de décider d’investir dans les secteurs qu’il juge efficients. Où est le mal si Slim Riahi investit en Tunisie?», répond Mohsen Hassan tout en précisant que le transfert de cet argent en Tunisie s’est fait sous le contrôle de l’appareil bancaire et financier tunisien.

L’UPL, un parti centriste

On n’arrive toujours pas à connaître vraiment l’homme et le mystère qui l’entoure, affirme-t-on, serait voulu pour entretenir le suspense. Encore un coup de marketing. Les journalistes présents à la conférence se sont rabattus sur le parti, histoire d’en savoir plus sur ce nouveau-né.

Selon Mohsen Hassan, l’UPL est un parti centriste «qui refuse les idéologies et prône la rupture totale avec le passé pour construire la Tunisie nouvelle». «L’UPL est un parti réaliste et rationnel, dont le but est d’aboutir à un modèle de développement purement tunisien, valable pour la Tunisie, mais pouvant aussi être exporté», explique-t-il.

Par ailleurs, «nous prônons la préservation de l’identité arabo-musulmane de la Tunisie, tout en étant attachés à la modernité. On tient au respect des libertés individuelles et collectives, et on veut construire un Etat de droit et des institutions garantissant à tous les Tunisiens leurs droits politiques et socio-économiques».

C’est peu comme programme politique, économique et social pour un parti qui se dit convaincu d’avoir une place dans l’échiquier politique tunisien. Il faudra tout de même se rassurer: «le programme politique, économique et social de l’UPL est prêt et sera dévoilé bientôt lors d’une conférence de presse, ainsi que les listes électorales», annonce M. Mohsen Hassan, estimant que l’UPL se présentera dans toutes les circonscriptions électorales, avec de nouvelles figures. Rien de moins.

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