“Pour la création d’une allocation chômage…”

>L’Economiste Maghrébin: Un parti du travail, d’où vient l’idée de le constituer?

>Abdeljelil Bedoui: L’idée nous est venue d’une lecture de la réalité du terrain. Pour être plus précis, cette décision a été prise suite à deux constats:

Le premier est qu’il y avait un certain déséquilibre sur la scène politique au profit d’un parti avec une assez large assise populaire et d’autres, de petites formations sans assise populaire, et qui ne pensent pas faire le poids.

Le deuxième est que les partis politiques existants s’occupent principalement de l’aspect politique au détriment de ceux économiques et sociaux. Or nous considérons que ces deux volets, notamment dans la conjoncture actuelle, sont beaucoup plus importants que le volet purement politique. D’ailleurs, encore une fois, il ne faut pas oublier que la révolution a eu lieu suite à un échec sur le plan économique et social de l’ancien régime.

Ce sont les deux raisons qui nous ont amené à chercher à remplir d’abord le vide politique en créant un pôle pouvant avoir une base populaire large et dont la première aspiration est surtout de s’occuper des aspects économique et social.

Pour nous, c’était plutôt un devoir, que tout autre chose.

>L’Economiste Maghrébin: Y a-t-il un lien entre le parti et l’UGTT?

>A.B.: Il y a en effet un certain amalgame entre les deux et nous travaillons pour qu’il n’y en ait plus.

Cela dit, pour pouvoir créer un parti populaire, il fallait s’appuyer sur une fraction sociale populaire. Nous ne nions pas, à ce propos, que notre point de départ émane de syndicalistes indépendants qui rêvaient depuis des décades de créer un parti travailliste. Ils avaient senti comme un besoin pressant, après la révolution, d’avoir une expression politique.

On est parti de cette idée, de ce rêve, et de cette exigence qui s’est imposée après la révolution. De cette aspiration de certains syndicalistes qui voulaient faire de la politique.

Pour schématiser, notre assise est composée de syndicalistes indépendants, mais pas du syndicat, qui est une organisation indépendante.

>L’Economiste Maghrébin: Vous dites que c’est un parti travailliste. Pourquoi alors lui avoir donné le nom de travail et non, précisément, de travailliste?

>A.B.: Au départ, l’idée était de choisir l’appellation travailliste, mais on y a vite renoncé pour adopter le terme travail. Le choix a été fait après de nombreux contacts avec plusieurs catégories sociales. On a remarqué, suite à ces contacts, que le terme «travailliste» renvoie à un parti pour les travailleurs, pour les syndicalistes, qui exclurait toutes les autres franges de la société. Ce qui n’est pas notre idée de base. C’est donc pour cela qu’on a opté pour le nom de travail qui, lui, est un concept incluant toutes les franges sociales qui croient en le travail en tant que valeur. Cela est d’autant plus pertinent que cette valeur a été largement marginalisée et que nous pensons qu’il faut revaloriser, réhabiliter l’importance du travail. Un besoin senti aussi bien chez les travailleurs que chez les chefs d’entreprises ou dans les métiers libéraux.

>L’Economiste Maghrébin: Si on doit positionner le parti, où le mettrions-nous?

>A.B.: Je dirai plutôt au centre gauche.

>L’Economiste Maghrébin: Quelles sont aujourd’hui vos priorités?

>A.B.: Notre première préoccupation, c’est le terrain. Ce qu’on veut établir, c’est d’abord une présence dans toutes les régions et la mise en place de nos structures régionales et locales.

>L’Economiste Maghrébin: Etes-vous présents dans toutes les régions?

>A.B.: Il faut savoir qu’on a eu notre visa le 4 mai. Cela dit, nous sommes implantés sur tout le littoral, de Bizerte à Médenine avec près de 35 délégations et 10 bureaux régionaux. A partir de début juillet, nous avons élaboré un plan pour nous implanter dans les régions de l’intérieur où des noyaux sont déjà en place.

Cela prend du temps notamment à cause de nos moyens qui sont assez limités par rapport à ceux d’autres partis. Rien que pour avoir des locaux, les équiper etc., ce n’est pas une mince affaire. Et encore: jusque-là, tous nos militants font du bénévolat.

>L’Economiste Maghrébin: Comment, à ce propos, jugez-vous les moyens dont disposent certains partis par rapport à d’autres?

>A.B.: Malheureusement, la politique est devenue, avant tout, une affaire d’argent. On mène aujourd’hui une compétition à armes inégales. Certains partis qui ont aujourd’hui de l’argent ne font même plus de la politique, mais de l’humanitaire, pour ne pas dire de la charité pour obtenir des voix. Sinon, comment expliquer que certains partis s’occupent des enterrements, offrent des couffins aux ménagères et même des parfums? Tout cela n’a plus rien à voir avec la politique en tant que vision des choses, programme politique, économique, social. La vocation d’un parti politique est autre. Pour assurer aide et travail social, les associations sont là et elles peuvent le faire mieux que quiconque.

En tout cas, et sans rentrer dans les détails, tout ce qu’on peut dire, c’est qu’au parti du Travail, on refuse ces pratiques, ce n’est pas notre façon de faire ni de voir les choses.

C’est là, pour nous, une question de principe. Nous sommes un parti du travail et on ne peut accepter que d’autres valeurs comme la charité ou autres puissent remplacer la première des valeurs à savoir, précisément, le travail, le seul habilité à assurer notre dignité, celle pour laquelle cette révolution a eu lieu.

>L’Economiste Maghrébin: Etes-vous d’avis qu’il faut légiférer le plus tôt possible, sur le financement des partis politiques?

>A.B.: Le problème du financement se pose en effet, aujourd’hui, avec insistance. Si on ne fait rien d’ici très bientôt, on se dirigera très probablement vers la dictature de l’argent et de l’instrumentalisation du social et de l’humanitaire pour la politique.

Le pire, dans tout cela, c’est qu’on a l’impression que l’histoire se répète. Tout cela, on l’a déjà vécu avec l’ancien régime, avec ce parti unique qui distribuait des aides à tour de bras. Maintenant, on connait les conséquences de tout cela. On sait comment ces aides ont été instrumentalisées pour le culte de la personne. Un cercle infernal et vicieux que certains partis sont en train de reproduire. Une grave menace pour cette démocratie naissante.

>L’Economiste Maghrébin: Un parti du travail doit inscrire en priorité dans ses programmes la question de l’emploi. Quel est votre programme à ce propos et plus précisément, quel est votre programme économique?

>A.B.: On ne peut parler de chômage ou de programme économique en faisant abstraction de trois éléments essentiels.

Il faut d’abord faire le diagnostic des politiques économiques passées. On ne peut, en effet, élaborer des orientations pour le futur en partant du néant.

C’est là le premier point. Le deuxième est que pour ce nouveau modèle, nos choix économiques doivent être élaborés à partir d’une vision sociétale.

Troisièmement, nos alternatives économiques s’appuieront sur des cadres conceptuels.

Pour schématiser, notre programme économique s’appuie sur trois points : le diagnostic, une vision sociétale et un cadre conceptuel.

>L’Economiste Maghrébin: Pouvez-vous développer encore plus cette démarche?

>A.B.: Pour le diagnostic, nous disons que les choix néolibéraux ont plus insisté sur la croissance et les équilibres macroéconomiques que sur le développement. Ils sont à la base des déséquilibres sociaux et régionaux constatés.

Cela est d’autant plus vrai qu’ils ont ôté tout volontarisme en appelant au désengagement de l’Etat à deux niveaux fondamentaux. Un désengagement au niveau des politiques sectorielles et un autre au niveau de la redistribution de la richesse.

En plus, et durant les quinze dernières années, le rythme de croissance, maintenu à son niveau classique de 5%, était obtenu artificiellement grâce à des politiques de dumping de différentes sortes. Du dumping social à travers la généralisation du travail précaire. Du dumping fiscal à travers les avantages excessifs accordés pour favoriser l’investissement. Du dumping financier à travers des créances douteuses. Du dumping commercial avec des hôtels cinq étoiles qui se vendent au prix de deux étoiles. On peut même parler de dumping monétaire à travers la dévalorisation du dinar.

Le deuxième point, à savoir la vision sociétale, est basé sur quatre piliers.

Le premier consiste à réhabiliter les valeurs du travail, du savoir, des institutions et de la citoyenneté, des valeurs jusque-là marginalisées. Il s’agit dans ce cadre de rétablir le culte du travail, de rétablir la confiance entre le citoyen et l’Etat, de rétablir l’Etat de droit.

Le deuxième pilier consiste à renforcer tout ce qui relève de la solidarité et de la coopération entre les citoyens. Notre slogan à ce propos est:«complémentarité, solidarité et entraide».

Le troisième pilier consisterait à réhabiliter la classe moyenne que nous considérons comme garante de la justice sociale. Contrairement à ce qu’on dit, cette classe est en panne et elle est de plus en plus réduite. Elle est en panne parce que les ascenseurs sociaux sont en panne. Le travail et le savoir ne sont plus, comme c’était le cas auparavant, vecteurs d’une ascension sociale.

Enfin, le quatrième pilier: rompre avec la logique marchande qui privilégie les bénéfices immédiats. Je donnerai un exemple. Il y a six mois, il y a eu un excédent de production de lait. On a préféré jeter l’excédent que de le transformer en poudre de lait. Ce n’est pas qu’on ne sait pas le faire, mais c’est parce que son importation revenait moins chère. Or ce sont là des postes d’emplois en moins, une intégration économique qu’on renonce à accomplir au nom du gain immédiat sans aucune vision sur le long terme concernant en particulier l’autonomie alimentaire.

Passons maintenant au troisième point de notre démarche, à savoir le cadre conceptuel, théorique et référentiel. Dans ce cadre, tous nos programmes seront basés sur trois concepts clés.

Le premier: la démocratie sociale. Cette dernière s’appuie sur trois principes, la liberté, la justice et la solidarité et ce dans l’objectif de garantir, constitutionnellement, les droits économiques, sociaux et culturels.

Le deuxième: la démocratie locale. Cela renvoie à une reconstruction de l’espace, une refonte de l’Etat à travers la création de nouvelles régions dans le sens de la décentralisation et de la déconcentration du pouvoir vers des régions viables.

Le troisième: L’économie du savoir. Il s’agit, dans ce cadre, de réhabiliter la politique industrielle de l’Etat tout en donnant un sens fort à l’adéquation entre le système éducatif et le système productif. Ce qui se passe actuellement, c’est qu’on essaie de coller le système éducatif aux besoins du marché. Or le marché a besoin, dans la conjoncture actuelle, de main d’œuvre peu qualifiée. C’est donc comme si on poussait le système éducatif vers le bas. C’est absurde car c’est le contraire qu’il faut faire. Il faut réformer nos entreprises pour s’orienter vers des activités à forte valeur ajoutée et à contenu emploi qualifié élevé.

>L’Economiste Maghrébin: Plus concrètement, comment pensez-vous appliquer cette vision sur le terrain?

>A.B.: A côté de la démarche que je viens d’exposer, nous avons élaboré deux contrats cadres qui seront de nature à concrétiser nos programmes.

Premièrement, un contrat social. L’idée est qu’un bon programme économique, ne peut réussir s’il n’est pas soutenu par les acteurs sociaux. La faisabilité d’un programme dépend du rapport contractuel entre les différentes parties.

Ce contrat social va porter sur quatre aspects:

  • revoir notre système d’emploi pour lutter contre tout ce qui est précarité de nature à dévaloriser le travail;
  • revoir notre système de rémunération dans le sens du renforcement de la coopération au sein des institutions et de la création d’une culture de travail de nature à favoriser la productivité et une meilleure distribution de la valeur ajoutée ;
  • revoir notre système fiscal qui est devenu absurde en termes d’inégalité et de complexité. Il est même devenu improductif. Il y a d’ailleurs, autour de cette question, unanimité pour dire que notre système fiscal est devenu inefficace. Pour donner un exemple de cette absurdité, il y a aujourd’hui une fiscalité pour l’offshore et une autre pour l’onshore. Or, à ma connaissance, la Tunisie est en libre marché avec l’Europe et qu’il n’y a donc plus de frontières ni d’activités à l’intérieur ou à l’extérieur;
  • revoir notre système de protection et de prévoyance sociale en liaison avec la réforme de notre système de santé.

En deuxième lieu, on va chercher à élaborer un contrat environnemental, et ce dans le but de favoriser la préservation de nos ressources naturelles qui sont aujourd’hui menacées et en premier lieu la raréfaction de l’eau, des sources énergétiques traditionnelles, des terres agricoles, sans parler de la pollution et de son impact sur le milieu et de la désertification. Nos ressources naturelles sont aujourd’hui menacées et il faut nécessairement et rapidement revoir notre politique gouvernementale en la matière. Il ne peut y avoir de développement sans ressources naturelles; aujourd’hui, la qualité de la vie n’est plus un luxe.

>L’Economiste Maghrébin: Dans vos propos, vous avez évoqué à maintes reprises la privatisation. Quelle serait, exactement, votre position sur ce point?

>A.B.: Nous n’avons pas une position rigide. Cela doit, toutefois, avoir lieu dans le cadre d’un redéploiement permanent de l’Etat. L’Etat doit investir dans certains secteurs à promouvoir et les privatiser le cas échéant pour réinvestir ailleurs. Un Etat stratège qui favorise, à travers la privatisation, la diversification et l’intégration de l’appareil productif.

>L’Economiste Maghrébin: Pour revenir à notre question initiale, quelle solution aujourd’hui pour l’emploi?

>A.B.: L’emploi, c’est le carrefour de tout ce que je viens de présenter. Ceci en ce sens que le problème de l’emploi ne peut se résoudre sans une réflexion d’ensemble sur nos choix. Sinon, comme cela a toujours été le cas, on utilisera des calmants qui entretiendront la précarité sans s’attaquer vraiment aux problèmes de fond. Des calmants qui coûteront, par ailleurs, énormément d’argent.

>L’Economiste Maghrébin: Selon certains médias, vous aurez annoncé que le SMIG devrait être de l’ordre de 450 dinars. Est-ce vrai? Si oui, comment peut-on financer cette augmentation?

>A.B.: Non. Je n’ai jamais dit une chose pareille. C’est vrai qu’on est encore en train d’étudier la question des rémunérations pour savoir comment les améliorer. Donc, je pense qu’il n’y a aucune déclaration officielle au nom du parti sur cette question importante et qui doit être bien réfléchie.

>L’Economiste Maghrébin: Quelles sont, tout de même, vos orientations sur cette question?

>A.B.: Nous partons de l’idée qu’il faut réformer le système de rémunération. Mais cette réforme, chez nous, s’inscrit dans le cadre d’une rénovation des relations professionnelles et sociales du travail.

Nous pensons que la réforme doit prendre en considération l’évolution de la rémunération chez nos concurrents directs. Lorsqu’on est dans une économie ouverte, il faut veiller à ce que notre compétitivité ne s’en ressente pas. Il faut toutefois savoir que lors de cette dernière période, nos principaux concurrents ont procédé à des augmentations significatives des salaires.

Par ailleurs, toute augmentation des rémunérations devrait prendre en considération la nécessité d’une augmentation de la productivité et de la qualité du service.

>L’Economiste Maghrébin: Passons maintenant au volet politique. Une Constituante, est-ce la bonne solution ou seriez-vous favorables à un référendum?

>A.B.: On n’a pas encore développé une position définitive au sein du parti à ce sujet, notamment au niveau de la commission des réformes politiques et administratives. Et puis, je pense que le vrai débat est de savoir que faire pour que ce soit la meilleure Constitution. Et pour cela, on ne voit pas d’autre chemin que celui de la sérénité politique et de la recherche d’un large consensus sur cette question.

>L’Economiste Maghrébin: Si demain vous êtes dans la Constituante, quels seront vos choix pour la nouvelle Constitution?

>A.B.: D’abord, pour le régime politique. Nous pensons que ce dernier doit assurer l’unicité du pouvoir et sa stabilité. Nous pensons qu’il faut réduire les pouvoirs du président, sans pour autant tout accorder au pouvoir législatif.

De même, nous pensons que nous pouvons renoncer au Sénat et renforcer le rôle du Conseil économique et social.

Outre le régime politique, nous pensons qu’il faut statuer sur le pouvoir juridique: comment assurer le choix d’un Conseil Supérieur de la Magistrature de sorte qu’il soit élu et indépendant, sans verser dans le comportement corporatiste et sans vouloir se mettre au-dessus des autres pouvoirs.

>L’Economiste Maghrébin: On parle beaucoup de la prolifération des partis politiques. Une prolifération qui pourrait, dit-on, être une menace pour cette jeune démocratie. Etes-vous de cet avis?

>A.B.: Absolument pas. Je dirai même qu’il y a toujours un vide politique dans le pays. On est en train de sillonner le pays et on a l’impression qu’on progresse sur un terrain vierge.

Ce qui est visible, c’est la présence du parti Ennahdha et marginalement le PDP, mais les autres sont pratiquement invisibles. C’est comme si les autres 90 partis n’existaient même pas. J’ai, d’ailleurs, été surpris par ce manque de visibilité.

On a l’impression que les gens attendent, qu’ils sont indécis et que rien n’est encore définitif.

>L’Economiste Maghrébin: La politique se fait désormais à travers des agences de communication et des sondages. Pourtant, il y a comme un déficit de communication de votre parti.

>A.B.: Comme je l’ai expliqué, notre priorité, c’est le terrain. Pour le moment, la communication n’est pas notre priorité. Cela ne veut pas dire qu’on néglige ce côté, mais il faut d’abord assurer notre assise avant de passer à d’autres actions.

Je pense que pour faire des sondages fiables, encore faut-il que l’opinion connaisse suffisamment les politiques. Ce qui n’est pas le cas. Comment sonder des gens alors qu’ils sont mal informés?

>L’Economiste Maghrébin: Pour conclure: Si vous étiez demain dans un gouvernement, quelles seraient les premières décisions à prendre?

>A.B.: En premier lieu, veiller à réhabiliter les institutions. Une tâche qu’il faut engager d’urgence pour rétablir la confiance entre l’Etat et le citoyen.

En deuxième lieu, établir un plan de relance clair. Cela se fera à travers deux décisions primordiales. La première porterait sur la création d’une allocation chômage associée à des formations de recyclage pour la réintégration rapide des chômeurs. La deuxième sur le lancement de chantiers d’envergure pour l’amélioration de l’infrastructure et l’herbage des grandes plaines pour relancer l’élevage.

 >L’Economiste Maghrébin: Pour tout cela, il faudra trouver des financements?
 >A.B.: Je crois que l’Etat a une marge de manœuvre pour participer d’une manière importante car le taux d’endettement public actuel est modéré. Et puis, il faut renégocier le payement des intérêts de la dette.
 Il y a possibilité aussi de créer de nouvelles taxes sans porter atteinte à notre compétitivité. Il y a enfin des possibilités réelles pour solliciter les fonds structurels européens

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