Hausse des prix : le ministre du Commerce s’explique

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Pour la loi de finances 2018, le gouvernement s’est trouvé devant deux options : s’endetter davantage ou s’engager dans la voie des mesures douloureuses. La loi de finances 2018 prévoit l’augmentation de 1% de la TVA et d’autres taux.  L’ennui est que la loi de finances 2018 a été, pour certains, le motif et l’occasion pour exercer une bulle spéculative des prix. En conséquence, la hausse de 1% de la TVA qui s’ajoute à l’inflation (6.4%), qui ne cesse d’augmenter, a déclenché une vague de protestations sociales.

Le ministère du Commerce a réagi pour nier tout lien entre la hausse des prix de base et la loi de finances 2018. « Plusieurs commerçants, grossistes et détaillants ont profité de la hausse de la TVA de 1% pour augmenter de façon arbitraire les prix de certains produits », a reconnu le ministre du Commerce Omar Bahi.

Le ministre a précisé, lors d’une conférence de presse, tenu aujourd’hui, que l’impact de la loi de finances 2018 sur les prix des produits de base a été étudié d’avance. « Il est trop exagéré de parler d’une hausse des prix des produits de base après l’adoption de la loi de finances 2018 ! », a estimé le ministre.

Contrairement à la réalité du terrain, l’exposition relative à l’impact de la loi de finances 2018 sur les prix, présentée par le Département des prix et de la concurrence relevant du ministère du Commerce, montre que les prix des produits subventionnés comme le sucre, l’huile végétale, le pain, le couscous, le lait n’ont pas enregistré de hausses. Par contre, une hausse d’environ 1% des prix a concerné des produits assujettis à la TVA comme le café, le thé, les voitures populaires, les médicaments fabriqués localement…Notons que la valeur globale consacrée en 2018 à la subvention des produits de base est de 1570 millions de dinars, dont 78.8% sont consacrés à la subvention des céréales.

huile végétaleLe ministre a, par la même occasion, présenté le bilan d’une campagne de contrôle lancée les 10, 11 et 12 janvier dans 24 gouvernorats et qui a visé deux produits subventionnés : le sucre et l’huile végétale, à travers la mobilisation quotidienne de 92 équipes de contrôle. Plusieurs dépassements et pratiques frauduleuses ont été constatés au niveau de distribution.

9230 litres d’huile végétale subventionnée et 107 tonnes de sucre ont été saisis durant les trois journées de la campagne. Notons que 200 mille tonnes de sucre et 165 mille tonnes d’huile d’olive végétale sont réservées chaque année à la consommation familiale. « Les campagnes de contrôle se poursuivront jusqu’à ce que la subvention soit accordée aux catégories nécessiteuses », a affirmé le ministre du Commerce.

Pour résoudre la problématique de la hausse des prix, il faut sans doute mieux d’Etat, là où il doit assumer ses fonctions régaliennes.  Pour atténuer le déficit budgétaire, réduire l’inflation, l’endettement et le déficit de la balance commerciale, l’Etat doit combattre les racines du mal et oser s’attaquer aux innombrables foyers de corruption et de spéculation : les subventions à la consommation ne vont pas dans le bon sens. L’Etat doit remettre à l’ordre les circuits de distribution et faire face aux spéculateurs, premiers responsables de la hausse des prix.

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Publié le 12/01/2018 à 16:48

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