Mondher Belhadj Ali : « C’est à l’Etat de donner l’exemple »

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Le député indépendant Mondher Belhadj Ali a présenté une panoplie de mesures  destinées à amender le projet de loi de finances – PLF 2018, actuellement en discussion à l’Assemblée des représentants du peuple. Leconomistemaghrebin.com a pu obtenir exclusivement un exemplaire de ce document dont voici le contenu.

Mondher Belhadj AliTout au long des 176 pages, le député indépendant Mondher Belhadj Ali a expliqué le bien-fondé de ses propositions.  Le travail en question a comme objectif de réduire le déficit budgétaire, de rééquilibrer le budget de l’Etat et de la finance publique, d’améliorer la note souveraine de la Tunisie, de mobiliser les ressources financières nécessaires pour la mise en place d’autres institutions constitutionnelles, de fixer les budgets alloués à l’achèvement de la période transitoire, de renforcer  la compétitivité des entreprises tunisiennes,  de répondre aux attentes des Tunisiens en matière d’ascension sociale et d’améliorer le niveau des services sociaux.

Mais comment réaliser ces objectifs?

D’après l’auteur du rapport, pour mener la barque à bon port, il faut s’inspirer des principes constitutionnels en matière de législation financière. De même, il faut respecter les principes qui s’appliquent à tous les citoyens notamment : l’impôt, la parité, l’application du chapitre 7 de la Constitution et la discrimination positive entre les régions.  «  Cela va nous imposer des sacrifices nécessaires. Nous devons maîtriser ces sacrifices aujourd’hui, avant que d’autres sacrifices plus douloureux  ne surviennent », recommande-t-il. Continuant dans la même logique, Mondher Belhadj Ali considère que si l’Etat donnait l’exemple en fait de sacrifices, ces derniers seraient plus acceptables pour les citoyens.

Quatre axes pour réformer le PLF 2018

Le premier axe est relatif à la rationalisation des dépenses publiques, ce qui évitera de recourir à l’endettement. Dans le même contexte le rapport souligne l’importance de la diversification des sources du financement du budget.

En deuxième lieu, il est question de mobiliser des ressources exceptionnelles au profit de l’Etat. A cet égard,  les propositions et les mécanismes mentionnés dans le rapport permettront de mobiliser 8.575.000.000 dinars. Cependant, «  nous devons créer de nouveaux mécanismes permettant d’assurer à la fois les dépenses sociales et participer à la relance économique.

En troisième lieu,  le rapport propose la création de 13 caisses sociales, à savoir : Caisses du futur et de la révolution informatique, caisse du logement de la dignité, caisse de l’accélération de l’exécution des projets publics, caisse de la discrimination positive entre les régions et la décentralisation, caisse de la numérisation de l’administration, caisse de l’amélioration des service de santé, caisse de l’amélioration des services de la justice, caisse de la création d’une caisse spécifique pour faire évoluer le régime de compensation, caisse de la rationalisation de l’emploi, caisse des énergies renouvelables, caisse du développement de la capacité compétitive et la caisse de la lutte contre la pauvreté.

Assainir les finances publiques

Depuis 2011, l’endettement est utilisé à chaque fois que le gouvernement se trouve en difficulté. en 2010 l’endettement représente 40% du PIB,  il a atteint 69.60% en 2017. En 2018, les estimations tablent autour de 76.156.000.000 dinars soit 68% du PIB.

Revoir les hypothèses du PLF 2018

Le rapport considère que le prix du baril du pétrole sera de l’ordre de 59 dollars contrairement à l’hypothèse du projet de PLF 2018 qui le fixe 54 dollars. Cela est dû à trois paramètres, à savoir le risque de recourir  aux armes dans les zones productrices de pétrole, une relation intime entre la hausse des prix du pétrole et les affrontements armés.

 

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Publié le 09/12/2017 à 09:06

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