L’INLUCC croule sous les plaintes pour corruption

CHAWKI TABIB INLUCC

L’Instance de lutte contre la corruption a tenu une conférence de presse, aujourdhui, 23 novembre, pour présenter son rapport de 2016, en présence de son président Chawki Tabib.

D’après le rapport, il en ressort que l’instance a reçu en 2016, 9027 pétitions. Les plaintes en question se répartissent comme suit : 2200 plaintes déposées auprès du bureau de l’ordre de l’instance, 958 plaintes provenant de la présidence du gouvernement, 275 plaintes envoyées par courrier électronique et 5594 plaintes via la ligne verte.

La corruption en chiffres

D’après le même rapport, il s’est avéré que 2198 plaintes font partie des prérogatives et de la spécialité de l’instance, 94 plaintes ont été traduites devant la justice, 21% des recours sont contre des institutions privées et publiques, seulement 140 plaintes sont relatives aux marchés publics, 1729 plaintes sont relatives à des crimes de corruption et autres malversations, 37% des plaintes sont déposées contre des particuliers, 66% des recours ont été déposés par des individus. Notons aussi que l’instance a traduit 47 dossiers à l’Instance Vérité et Dignité.

Le rapport indique que l’Instance a un budget de 183200 dinars. 72% de ses cadres sont titulaires de diplômes supérieurs, 60% de l’équipe sont des femmes.

Le rapport indique que la corruption s’empare du quart des marchés publics qui représentent 18% du PIB en 2015 et 25% du budget de l’Etat. Les plaintes proviennent de tous les gouvernorats, indique le rapport. Cela traduit la conscience des citoyens de l’importance de la lutte contre la corruption, indique la même source. Cependant, le gouvernorat de Tunis s’accapare plus du tiers des plaintes (33,7%).

Lors de la conférence, le président de l’Instance a affirmé que la plupart des dossiers concernent des entreprises publiques comme la STEG et la SONEDE.

Le président de l’Instance est connu pour ses déclarations incendiaires. Récemment, il avait avancé que plusieurs parties n’ont pas intérêt à ce que les décrets d’application de la loi de la protection des dénonciateurs de la corruption soient publiés.

L’instance actuelle présidée par Chawki Tabib, fortement inspirée par la précédente présidée de Feu Abdelfatah Amor, a d’ailleurs été encouragée par le chef du gouvernement lorsqu’il a ouvertement déclaré la guerre à la corruption.

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Publié le 23/11/2017 à 15:20

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