Pour certain, un dinar faible est une aubaine

entreprises exportatrices

Après avoir fait le tour des financières la semaine dernière, nous allons terminer avec ce que nous considérons comme le principal thème d’investissement en Bourse pour 2018 : les entreprises exportatrices ou au moins celles qui ont une grande partie de leurs ventes libellées en devises étrangères.

Quel poids pour l’export à la Bourse de Tunis ?

Sur les 80 sociétés cotées à la Place de Tunis, 32 réalisent une partie plus ou moins importante de leur chiffre d’affaires à l’export. Depuis le début de l’année, ces entreprises ont pu réaliser des ventes en devises de l’ordre de 1,149 milliard de dinars, soit 24,5% de plus que l’année dernière. Sur le seul troisième trimestre, une hausse de 29,5% a été observée pour un total de 397,699 millions de dinars. La majorité de ces entreprises ont pu effectuer un bond sans avoir besoin de fournir un effort supplémentaire côté production. C’est l’effet de la dépréciation du dinar qui fait leurs beaux jours.

entreprises exportatrices

Source : indicateurs d’activité au T3 2017

Les principaux bénéficiaires

Les cas les plus intéressants sont les entreprises qui ont un chiffre d’affaires majoritairement en devise et une structure de coûts purement tunisienne. Nous en disposons de quelque unes : Telnet, New Body Line et Euro-Cycles. Indépendamment de leurs performances actuelles, ces entreprises partiront en 2018 avec des perspectives nettement meilleures que le reste du marché. Une autre société qui est totalement exploratrice, les ICF, mais qui souffre par contre des conditions locales. Les mauvaises surprises qui peuvent provenir du Groupe Chimique (grèves et mouvement sociaux imprévisibles) représentent un problème de taille pour la société. Mais ce qui est sûr, c’est que le Top Line de toutes ces entreprises enregistrerait une hausse significative l’année prochaine.

Mais il y a aussi des perdants

En même temps, il convient de se méfier des boîtes qui ont une structure de coûts en devises avec un chiffre d’affaires en dinar. C’est le cas des entreprises qui commercialisent les électroménagers à titre d’exemple. C’est un secteur qui nécessite, par nature, beaucoup de cash pour payer ses fournisseurs et doper la force de vente alors qu’il est marqué par un taux de défaut de paiement élevé. La dernière décision de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), qui a imposé de nouvelles règles pour l’ouverture des lettres de crédit au profit des entités qui veulent importer ces produits, n’a fait que resserrer l’étau autour d’elles. Elles sont ainsi obligées d’immobiliser des montants importants, induisant un coût financier supplémentaire. En même temps, elles ne peuvent pas répercuter l’intégralité de cette hausse de charges sur leurs prix de vente car elles doivent rester compétitives. C’est typiquement un effet ciseaux. Echapper à cette situation n’est pas évident et requiert de vraies manœuvres stratégiques qui prennent du temps avant de fournir un résultat.

Cerise sur le gâteau

Par ailleurs, les autorités semblent avoir pris la décision de donner la priorité absolue à l’export. Ainsi, les détenteurs des actions de telles entités seront exonérés de l’impôt sur le dividende. C’est une autre bonne raison pour y investir.

Nous pensons que le thème des sociétés exportatrices sera le principal « driver » du marché actions tunisien pour l’année 2018. Pour en profiter, il faut prendre position dès aujourd’hui. A vos portefeuilles !

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Publié le 13/11/2017 à 10:47

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin