Kais Allani : la loi de Finances 2018 doit être audacieuse

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Kaïs Allani, membre du bureau politique d’Afek Tounes et coordinateur de son  laboratoire socioéconomique, revient sur l’avis d’Afek Tounes sur les grandes orientations de la loi de Finances 2018 dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com.

Pour Kaïs Allani, depuis 2011, les gouvernements successifs ont fait de la loi de Finances un tremplin   pour de petites réformes fiscales, économiques et parfois sociales en essayant de les faire passer pour des réformes en profondeur alors qu’en principe les réformes  ne doivent pas se faire ainsi. Il déclare :« Une loi de Finances traduit des lois sur la fiscalité, l’investissement, les changes et toutes sortes de lois qui doivent montrer les orientations de la politique générale que le gouvernement s’est tracé sur la courte, moyenne et longue durée. ».

C’est ce qui nous manque actuellement, ajoute-t-il, et d’affirmer que la Tunisie a du mal à rompre avec un modèle vieillissant qui est arrivé à  saturation.

En ce qui concerne l’année 2018,  notre interlocuteur n’a pas manqué de rappeler que la situation du pays est délicate vu les indicateurs économiques : la  chute du dinar tunisien et donc la dette extérieure qui monte en flèche, une masse salariale des plus élevées au monde. C’est pourquoi, Kais Allani propose comme remède la baisse des dépenses publiques et l’augmentation des recettes fiscales. En ce qui concerne la Caisse de compensation, Kais Allani a réaffirmé  la nécessité  d’ouvrir le débat sur la question pour un meilleur ciblage et au lieu de subventionner l’huile et le sucre, l’Etat serait plus avisé d’accorder des aides financières aux couches moyennes et pauvres.

Le décollage économique en Tunisie est tributaire de la révision en profondeur de plusieurs paramètres car il faut oser le changement, renchérit-il. Il en veut pour exemple l’énergie renouvelable à partir du soleil que l’Etat a cantonné à cause des pressions de la STEG et de l’UGTT, ce qui est inadmissible. «  Il faut arrêter avec l’économie de basse valeur ajoutée. La plupart des ingénieurs qualifiés ont quitté le pays pour s’installer en Europe parce que nous n’arrivons pas à mettre en place une stratégie convaincante ».

En conclusion, Kais Allani soutient également qu’il faut booster les exportations parce qu’elles sont un excellent  moteur de croissance, surtout celles à forte valeur ajoutée.

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Publié le 10/08/2017 à 13:15

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