ARP : le harcèlement à l’encontre des femmes en débat

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Une première en Tunisie.  Hier jeudi 18 mai, la commission de la législation générale à l’ARP vient de voter à l’unanimité l’article 16 qui stipule : « Tout harcèlement à l’encontre d’une femme dans la rue par la parole ou par l’acte sera désormais passible de trois mois à un an de prison ferme ou cinq cents dinars d’amende ». 

bochraIl s’agit d’un projet de loi relatif à la violence faite aux femmes. Bochra Bel Haj Hamida, la militante de la cause féminine, députée indépendante à l’ARP, dans une déclaration à leconomistemaghrébin.com, a souligné: « Quand on voit le pourcentage de femmes concernées par tout type de harcèlement, on se demande que faut-il faire pour faire baisser ce chiffre?  Aujourd’hui, il n’y a pas une seule fille qui n’ait pas été  molestée ». Elle ajoute: “Cela dit, il ne faut pas confondre drague et harcèlement. La drague est un jeu de séduction contrairement au harcèlement »

D’après Mme Bel Haj Hamida, pour beaucoup de femmes, les interpellations, les regards insistants, les propos déplacés, les gestes de dénigrement et autres comportements inacceptables sont très fréquents, voire quotidiens.

Elle précise: « C’est la raison pour laquelle, ce projet de loi va inciter à une prise de conscience chez les hommes afin qu’ils réfléchissent à deux fois avant  d’importuner les femmes ».

Et  d’ajouter: « L’objectif n’est pas  certes de mettre les gens en prison, mais plutôt de les sensibiliser. Aujourd’hui, nous avons réalisé une grande avancée contre la violence qu’elle soit morale ou physique à l’égard des femmes ».

Cependant, l’Etat est pleinement conscient des enjeux puisqu’un tel projet de loi organique relatif à la lutte contre la violence à l’égard des femmes adopté par la commission de la législation générale va permettre une évolution de la conscience. 

Rappelons que, dans une déclaration récente à leconomistemaghrébin,  Dalenda Larguèche, directrice générale du Crédif, a souligné que 49.1% des femmes affirment avoir subi des violences de ce genre dans l’espace public. 

La violence contre les femmes existe malheureusement mais elle s’intensifie de plus en plus. Elles sont nombreuses à avoir subi des violences sexuelles, d’autres elles en ont été témoins. Que doivent-elles faire pour dénoncer et briser le tabou au nom des femmes ? Est-ce que le cadre juridique serait-il suffisant? Il va falloir en débattre..  

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Publié le 19/05/2017 à 12:14

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