La feuille de route de la présidence Macron

Présidence Macron - L'Economiste Maghrébiin

Si le nouveau président de la République française est souvent présenté comme un produit idéologique faisant la synthèse de la droite et de la gauche, son programme n’est pas « ni de droite ni de gauche ». Certes, il se caractérise par une double empreinte libérale et étatiste qui transcende les traditionnels clivages partisans. Reste que le choix d’un Premier ministre de droite permet de conforter l’impression que laisse la lecture de son programme économique et social.

Emmanuel Macron croit dans le volontarisme politique et donc dans la faculté de l’Etat à impulser la relance de la machine économique. Il souhaite ainsi la création d’un « fonds pour l’industrie et l’innovation » qui serait financé par les dividendes des participations de l’Etat et des privatisations. « Ce que je veux faire, c’est créer une fondation qui gagera ces titres ou ces produits de cession dans une enveloppe protégée avec une gouvernance propre », avait expliqué le candidat, durant la présentation de son programme, le 2 mars à Paris. Cette fondation devrait avoir une « gouvernance propre », qui permettrait d’orienter le financement de la recherche et développement. En outre, il n’a pas fait une croix sur le statut de la France comme puissance industrielle.

Pour Emmanuel Macron, la désindustrialisation de la France n’est pas liée à « la mondialisation en tant que telle ». Selon lui, les causes « sont à chercher avant tout » en France, dans les dysfonctionnements économiques et sociaux du pays, peut-on lire dans son programme. Il met en cause aussi « le positionnement qualité prix-insuffisant » de l’industrie française.

Sur le plan des finances publiques, la ligne de l’austérité budgétaire tracée par son prédécesseur est confirmée. Emmanuel Macron veut économiser 60 milliards d’euros sur le budget de l’Etat sur cinq ans. Il souhaite ainsi faire des économies dans le domaine des prestations sociales, dans les dotations aux collectivités locales, dans la fonction publique (avec la suppression de 120.000 emplois. Il envisage aussi le retour à un seul jour de carences pour les fonctionnaires, une mesure instaurée par la droite et abrogée par François Hollande en 2012.

Sur le plan fiscal, le président Macron avait déclaré durant la campagne qu’il voulait mettre en œuvre une « politique fiscale plus réaliste », avec l’objectif « d’aboutir à une baisse nette des prélèvements obligatoires de 20 milliards, pour soutenir le pouvoir d’achat et l’investissement ». Emmanuel Macron s’est engagé à réduire les impôts tant pour certaines catégories de la population (réduction d’environ 10 milliards d’euros pour les classes populaires et moyennes) et pour les entreprises (baisse de l’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25%, soit la moyenne européenne).

Dans le domaine de l’emploi, le candidat avait affiché sa volonté de réformer en profondeur le marché du travail sur la base de logique social-libérale de la « fléxi-sécurité », avec d’un côté la suspension du versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres d’emploi « décent », et de l’autre l’instauration d’un bonus-malus pour les entreprises qui abusent des CDD courts.et « déconcentrer l’organisation de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l’entreprise ». Autrement dit, le principe de la semaine à 35 heures est destiné à être remise en cause via des accords sectoriels. Le chantier de l’emploi est prolongé par celui de la formation professionnelle, qui devrait bénéficier de 50 milliards d’investissement public (sur cinq ans), dont une partie substantielle serait destinée aux jeunes et aux demandeurs d’emploi.

A l’occasion de l’une de ses ultimes déclarations avant son élection, le président Macron estimait que « Notre génération doit relever ce défi en rassemblant, en nous rassemblant, en construisant une unité autour d’un projet progressiste ». La question de son quinquennat se pose ainsi en ces termes : son programme d’action sera-t-il en capacité de réunion une génération et au-delà, une nation ?

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Publié le 17/05/2017 à 08:30

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