Dépréciation du dinar : on le paye cash !

Dinar BCT L'Economiste Maghrébin

Dans une récente déclaration radiophonique, la ministre des Finances a déclaré que la valeur du dinar tunisien pourrait glisser à trois dinars contre  l’euro à la fin de l’année. Cette déclaration a provoqué un vent de panique auprès de plusieurs opérateurs économiques notamment auprès des importateurs.

Pour rappel, la variation de la valeur d’une monnaie est réalisée par les transactions des opérateurs dans les salles de marché comme dans les banques et les bourses. Mais la valeur d’une monnaie est aussi influencée par la situation politique du pays, sa situation économique, son image auprès des investisseurs, des agences de notation, des institutions financières internationales, sa situation politique, ses échanges commerciaux…

Dans le cas de la Tunisie, c’est la Banque Centrale Tunisienne (BCT) qui détient ce pouvoir d’émettre la monnaie nationale et de fixer, en partie et potentiellement, la valeur ou la parité du dinar tunisien par rapport aux autres devises étrangères de référence, principalement le dollar US et l’Euro.

En Tunisie, la baisse des exportations tunisiennes et l’augmentation des importations ont largement contribué à l’accélération de la dépréciation du dinar tunisien. Les derniers chiffres de l’INS sur l’état de la balance commerciale de la Tunisie affichent au premier trimestre 2017 un déficit de  3878.9 MD contre 2466.3 MD durant la même période de 2016. Alimenté essentiellement par des produits de consommation, l’augmentation des importations tunisiennes a largement contribué à l’aggravation du déficit commercial.

La hausse des importations au détriment des exportations provoque la baisse des réserves en devises du pays. Pour le cas de la Tunisie, la saison 2016 / 2017 est caractérisée aussi par le remboursement des dettes, ce qui a impacté le niveau des réserves en devises du pays.

Si certains sont pessimistes quant à la dépréciation du dinar tunisien parce qu’elle coûte cher à l’économie tunisienne, d’autres considèrent que la dépréciation impacte la compétitivité des produits tunisiens à l’export.

Malgré la hausse des entrées touristiques, qui sont toujours en deça des attentes, le dinar tunisien n’a pas pu éviter la tendance baissière de sa valeur face aux principales monnaies internationales comme l’euro et le dollar américain.

Le dinar tunisien semble aussi subir la vague de protestations qui s’est déclenchée dans plusieurs régions du pays, ce qui a engendré un mouvement de panique auprès des investisseurs et des opérateurs économiques.

Le vent d’optimisme quant à la relance de l’économie tunisienne avec des prévisions à la hausse du taux de  croissance en 2017 (2,3% selon la Banque mondiale et 2,5% selon le gouvernement)  et la récente déclaration de la mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a séjourné à Tunis du 7 au 18 avril 2017 pourraient freiner la dépréciation continue du dinar tunisien par rapport au dollar américain et à l’euro. Même si certains proposent d’encourager la consommation des produits tunisiens pour arrêter la hausse des importations, des efforts devraient être consentis pour améliorer les recettes fiscales et avoir plus d’audace dans le processus des réformes.

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Publié le 20/04/2017 à 11:18

  • Negi Jaafar

    il faut arreter d importer des voiture qui coute la peau des fesses en devise .il faut simplement se limiter au stricte necessaire des produits a acheter en devise.

  • Montygolikely

    Mais comment laisse-ton une ministre annoncer froidement  » que la valeur du dinar tunisien pourrait glisser à trois dinars contre l’euro à la fin de l’année »
    C’est inciter les tunisiens de l’étranger d’attendre que l’euro atteigne le fameux seuil de trois dinars pour envoyer leur argent au pays, aux importateurs étrangers de produits tunisiens (surtout ceux manufacturés sur place) de reporter leur décision d’achat et aux exportateurs étrangers de nous vendre de plus en plus des produits « bas de gamme » style « tiers monde », spécialité, soit dit en passant des turcs et chinois…
    C’est ce genre d’idiotie clamée à cor et a cri qui risque de nous coûter très cher, je voudrais bien voir quel serait le sort réservé au premier responsable d’un ministère régalien dans des pays comme la Russie ou pire comme la Corée du Nord…

  • Philippe Roumeau

    Pour moi le plus important reste qu’il faut augmenter les exportations, la Tunisie regorge de matières premières pour l’exportation, tant au niveau agro-alimentaire, qu’au niveau des matières premiers plus « noble » comme la silice par exemple. Le seul problème de la Tunisie dans son exportation est le manque de structures logistiques permettant aux industries d’être compétitives

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