Machrou3 Tounes appelle à l’impératif de fonder une instance nationale de la réconciliation

Machrou3 Tounes

Nombreux étaient présents samedi 18 mars au Palais des congrès pour suivre les activités du colloque organisé par le mouvement Machrou3 Tounes,et consacré exclusivement à l’un des volets les plus importants de la justice transitionnelle, plus précisément celui de la réconciliation.

Le ton était donné dès le démarrage des travaux du colloque pour insister sur la démarcation nette et sans équivoque de la position du mouvement avec ce qui s’est fait actuellement dans le cadre de la justice transitionnelle, le processus engagé de la réconciliation. Une forme non camouflée de critique des travaux de l’Instance Vérité et Dignité.

L’intitulé lui-même du colloque « la conciliation nationale globale » recèle des prémisses on ne peut plus claires qui soulignent le fait que la réconciliation doit être une étape constructrice et non inhibitrice et de plus en plus «  ombrageuse » comme la qualifient certains des invités au colloque.

L’ambiance « inquisitrice » et inhibitrice de l’investissement

D’emblée le rapport introductif du colloque a mis en évidence la problématique à laquelle les invités du Machrou3 ont été invités à travailler. En d’autres termes les mécanismes du processus de la justice transitionnelle, tels qu’ils ont été engagés depuis trois ans sont-ils dans  le bon sens ou bien nécessitent-ils rectification et révision.

Aussi bien les interventions de Mohamed Kilani , SG du Parti Socialiste, de Abderraouf Chérif président du bloc « El Horra » que celle de Mohamed Jegham , ont mis l’accent sous divers angles sur la nécessité «  d’alléger » le processus et de convertir ses procédés dans le sens d’une véritable et bénéfique conciliation qui permet l’atteinte des objectifs de la justice transitionnelle tout en ouvrant une nouvelle page fondée sur la tolérance , la compréhension et l’équité.

 Non à la loi du talion

C’est l’ensemble de ces considérants qui ont alimenté l’intervention de Mohsen Marzouk le SG du mouvement qui a brossé , particulièrement dans le préambule de son allocution le tableau général du processus tel qu’engagé depuis sa mise en exécution .

« Nous avions peur dès le début que l’on débouche sur ce que nous réprouvons par principe, que le politique soit dans ce cadre utilisé pour permettre la conversion du processus en un moyen de règlement de comptes et , disons-le, de vengeance.. » et c’est dans sens que ses propos ont abondé pour mettre en évidence selon ses dires une prédisposition à une sorte de loi de talion qui vide le principe même de la justice transitionnelle , ce qui a pour effet de créer une atmosphère nuisible au pays et à la vie politique.

L’impératif de remédier à ce fait se résume selon M. Marzouk de faire en sorte que la justice transitionnelle débouche sur une réconciliation nationale effective et viable.. ceci est la conséquence sine qua non,. dit-il pour l’édification de « l’unité nationale, laquelle doit être mise à l’abri de tout ce qui peut la menacer » .

Et de poursuivre : « la justice transitionnelle n’est pas seulement un processus juridique et judiciaire. Il est surtout un processus politique afin que ce qui s’est passé ne se reproduise plus. Nos choix aux lendemains de 2011 ont été dans ce cadre arbitraires ce qui nous a mené à des situations dramatiques qui se sont manifestées entres autres par faits graves de port d’armes et d’agressions. L’exemple de l’amnistie générale est on ne peut plus édifiant à ce propos ».

Et de souligner la nécessité de la clarté des objectifs à mettre concernant la réconciliation , se résumant principalement   dans la mise en évidence du principe du dépassement de soi et du sens même de l’altérité . « Oui pour laisser la justice dire son mot en cas de crimes avérés d’abus de biens publics et de violation de droits de l’homme mais cela ne doit pas être converti en une vaste opération de règlement de comptes, laquelle est inévitablement génératrices d’excès et d’inhibition ».

L’IVD sur le banc des accusés

Les présents au colloque ont eu droit à suivre deux interventions , la première traitant une lecture critique du processus de la justice transitionnelle , faite par le doyen Fadhel Mahfoudh. La seconde a traité du coût de la conciliation, présentée par Samir Brahimi, SG du Centre de prospection et de développement régional.

Sans qu’elle ne soit citée clairement lors de ce colloque, l’Instance Vérité et Dignité était sur le banc des accusés puisque la plupart des critiques émises se sont conjuguées pour mettre en évidence selon ses détracteurs «  son incapacité à mettre sur la bonne orbite ce qui lui était demandé en la matière.

Et c’est à ce titre que M. Marzouk en conclusion de son allocution a proposé d’œuvrer à fonder une instance supérieure de la conciliation en plus de sa proposition d’organiser un colloque international des expériences comparées à travers le monde relatives à la justice transitionnelle.

Ces propositions ont été reprises dans le rapport final du colloque qui a appelé à tourner la page du passé en veillant à réaliser les objectifs nobles de la justice transitionnelle. Et d’insister que cela ne manquera pas d’avoir un impact considérable sur la réalité économique.

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Publié le 20/03/2017 à 15:24

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