Le 20 mars, une journée si particulière

56ème anniversaire de l'Indépendance : Des milliers de manifestants pour “défendre la démocratie”

Le 20 mars, c’est un jour qui ne ressemble à aucun autre. En ce lundi, nous célébrons 61 ans d’indépendance de la Tunisie. 

«La France reconnaît solennellement l’indépendance de la Tunisie.», est la phrase tant attendue. Le 31 juillet 1954, la Tunisie se dirige vers son autonomie et son indépendance et retrouve sa souveraineté.

Plus de soixante ans après,  quel est le bilan? Quelle perception a le Tunisien à propos de l’indépendance de son pays? Qu’évoque pour lui le mot indépendance?

Pour Ahlem Hachicha Chaker, activiste politique, souligne que le 20 Mars est sans doute le jour qui représente la souveraineté de la Tunisie, son identité en tant que patrie, le projet d’un Etat nation.

Elle précise dans ce contexte: « Pour moi, c’est cela et c’est aussi l’idée de la Tunisie libre, de la fierté nationale, de la Tunisie républicaine qui a fait le choix de la santé et de l’éducation pour tous ». D’après elle, le 20 Mars c’est aussi la mémoire d’une lutte patriotique qui a libéré un pays pour y établir une nation à transmettre  en héritage d’une génération à une autre; « cette mémoire portant pour moi une signification personnelle et familiale », ajoute-t-elle.

Pour Ghazi Mrabet, avocat à la Cour, la fête de l’indépendance est une fête historique qu’on devrait fêter comme elle se doit. « Or cette année, nous remarquons que l’Etat n’a pas fournit d’efforts pour organiser des festivités comme il se doit », rétorque-t-il.

Et de poursuivre: « J’ajouterais que beaucoup reste à faire car la concrétisation de la démocratie est loin d’être finie. Si ce n’est qu’un  débat qui agite encore aussi bien l’opinion publique que les partis au pouvoir. En somme  la démocratie est encore à l’épreuve. 

Pour certains  qui ont vécu du temps de Bourguiba, telle est cette septuagénaire belge Christiane. B mariée à un Tunisien depuis 1964.

Elle nous raconte: « Personnellement, le 20 Mars rime avec Bourguiba, car c’est lui, qui a bâti  quelques chose de solide pour la Tunisie ».

A cette époque je travaillais dans le textile et je me souviens qu’on lui faisait des chemises sur mesure, ( Il demandait 12 chemises blanches du même modèle). Et je me rappelle qu’une année sur deux, il ne voulait pas qu’on refasse les chemises, mais seulement  les cols  des anciennes qu’il a déjà porté. Bref, Bourguiba ne voulait pas de gaspillage. Il était quelqu’un d’unique qui ne s’est jamais enrichi, et toute son politique avait un seul objectif : instruire tout un peuple, en misant sur l’enseignement pour tous et pour toutes ».

« D’ailleurs,  on voyait les garçons avec leur tablier bleu et les filles avec leur tablier rose  marchant côte à côte pour aller à l’école », se souvient-elle.

Et de poursuivre: Cela dit, il a fait de même à propos du secteur de la santé, sans oublier l’émancipation des Femmes Tunisiennes,  le code de statut personnel, l’avortement, la contraception…Il était un visionnaire ».

Elle conclut: « Aujourd’hui les choses ont changé, on parle du 20 mars, alors qu’à l’époque de Ben Ali, ce jour était presque inexistant. Je trouve que commémorer ce jour est important à transmettre aux prochaines générations « .

Par

Publié le 20/03/2017 à 15:17

Dans cet article

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin