Machrou3 Tounes: la question de la réconciliation nationale au centre du débat

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Pour passer d’une dictature à un processus démocratique, la question de la réconciliation s’est toujours trouvée au cœur des préoccupations.  Le plus souvent, ces dernières années, le débat a préoccupé plus d’un,  aussi bien la classe politique que l’opinion publique.

Aujourd’hui, la question de la réconciliation nationale est remise sur le tapis. Tel est l’objectif du débat organisé par le parti Machrou3 Tounes ayant pour thème : « la réconciliation nationale la plus totale ». 

Tous considèrent que la réconciliation nationale ne peut se faire sans une mémoire collective. Mais la question essentielle que tout le monde se pose : peut-on construire cette réconciliation, sans laquelle le processus de transition démocratique ne peut pas se faire?

« Il est extrêmement difficile d’apporter une réponse satisfaisante à cette question, tant les calculs politiques utilisent la question de la réconciliation comme une monnaie d’échange », nous a affirmé le secrétaire général du parti Machorou3 Tounes, Mohsen Marzouk.

Il précise: « Nous devons rétablir le processus de la justice transitionnelle, qui, à mon sens, a dévié du sujet principal. En revanche, les autres expériences, comme le Maroc, l’Afrique du Sud ont su tirer de leur erreur et ont réussi leur transition. La Tunisie a plus que jamais besoin d’union car les défis sont énormes, en termes de lutte contre le terrorisme, la corruption, mais plus encore la relance économique qui peine à voir le jour ».

Mohsen Marzouk a évoqué son passé d’un ancien de la gauche qui a été emprisonné dans les années 80 ( 1987) pour ses idées marxistes.  Interrogé sur le constat de l’homme d’aujourd’hui,  M Marzouk nous a répondu: “ J’avais payé les prix de mes idées. D’ailleurs, je ne suis plus marxiste depuis 1992 et les gens évoluent, l’homme que j’étais autrefois n’est plus le même aujourd’hui ».

Selon lui, la réconciliation nationale nécessite un ascendant moral. La situation est extrêmement difficile, »il est urgent d’avoir une vision stratégique de l’avenir du pays », a-t-il rétorqué.

Le pays vit une instabilité politique, sociale et économique, relance de son côté  Marouan Felfel, membre de la commission des finances à l’ARP du parti machrou3 Tounes.  Pour lui, la solution sinéquanone pour une relance économique, est celle d’apaiser le climat des affaires sociales et économiques, mais par dessus tout restaurer la confiance.

Il précise:  » La question de la réconciliation est la voie obligatoire pour atteindre cet apaisement et booster l’économie. Si on se pose la question, pourquoi en sommes-nous là? La réponse à cette interrogation est claire, à savoir, nous n’avons pas encore réussi ce processus de justice transitionnelle. Tant qu’on parle de menace, de vengeance, de haine, de calculs partisans, on ne pourra pas rétablir les faits. Et pour y parvenir, il va falloir faire une évaluation objective ».

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Même constat pour Sahbi Ben Fraj, député Machrou3 Tounes qui souligne « cette justice transitionnelle doit aboutir à une vraie réconciliation ».

Il ajoute: »Ce qui se passe  en ce moment nous laisse perplexe car au lieu de se pencher sérieusement sur le sujet, nous nous trouvons face à une bataille entre les partis politiques. En outre le cas de l’IVD est révélateur, ne disposant que  de 4 ans pour achever son travail,  n’a traité que certains dossiers  sur les 65 000 qui lui ont été présentés. Les plus médiatisés bien sûr. Alors qu’il ne lui reste qu’une année d’activité, on se pose la question, comment va-t-elle procéder ?

Il conclut:  » pour réussir la réconciliation, nous devons enterrer les démons du passé. Au bout de six ans, nous ne sommes pas arrivés à instaurer le processus de la justice transitionnelle, encore moins à la vraie réconciliation nationale ».

 

 

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Publié le 18/03/2017 à 18:53

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