Attaque du Musée du Bardo : la plaie est toujours béante

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Deux ans ont passé depuis l’attaque terroriste contre le musée du Bardo. La Tunisie commémore, aujourd’hui 18 mars, le deuxième anniversaire de l’événement funeste.

Avec l’attaque contre le musée du Bardo, on commence déjà à parler de terrorisme  urbain et pour cause, c’est la première fois que le terrorisme a frappé au coeur même de la capitale. Et pas dans n’importe quel endroit.

Le musée du Bardo, haut lieu de la culture et de la civilisation dont les murs sont mitoyens avec le Parlement. Certains considèrent que le choix ne doit rien au hasard car en ciblant ce lieu, les terroristes ont voulu  s’attaquer à la souveraineté du peuple et sa culture.

Le bilan est catastrophique : 21 touristes ont trouvé la mort lors de l’attaque et un  membre de la brigade de lutte contre le terrorisme, Mohamed Aymen Morjane. Deux ans après,  l’attaque est encore dans toutes les mémoires. Le quotidien français Le Monde a titré l’un de ses articles paru aujourd’hui :  « En Tunisie, l’enquête sur l’attaque du musée du Bardo entachée par les controverses ».

Dans le même article, l’auteur cite le dépit des proches des victimes et de leurs avocats : «En France, les avocats des victimes ou de leurs familles (quatre ressortissants français ont été tués et six blessés) ne cachent pas leur dépit devant la manière dont ils ont été informés de l’instruction. « Une immense déception », dit Pauline Manesse, dont le cabinet représente une trentaine de victimes. « On a voulu croire en la justice tunisienne, faire confiance à cette démocratie naissante et lui laisser du temps, ajoute-t-elle. Il est normal que les Tunisiens conduisent les opérations – enquête et procédure judiciaire – mais ils auraient dû rendre compte de leurs avancées à la justice française. Or le dossier français est squelettique. Il a fallu attendre un an et demi pour recevoir des procès-verbaux d’interrogatoires, qui plus est, arrivés en arabe ».

« Les victimes ne comprennent pas : aucune autorité ne joue le jeu de la transparence. Elles ont un sentiment d’abandon », déclare-t-elle.

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Publié le 18/03/2017 à 09:20

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