Valorisation du capital immatériel des entreprises

capitaux immatériels

La Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI) et la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) ont organisé, en collaboration avec le  cabinet français Novelesta, un atelier sur le thème : «La valorisation du capital immatériel des entreprises».

Dans ce cadre, Bilel Sahnoun, Directeur général de la Bourse de Tunis, a annoncé que la valorisation du capital immatériel est interpellée par les organisations et les instances internationales mais de plus en plus par les entreprises et le marché financier.

Avec le développement des classes d’actifs immatériels – provoqués notamment par le développement des nouvelles technologies – et l’apparition des nouveaux modes d’organisation, l’évaluation du bilan des résultats et des annexes ne donne qu’une vision parcellaire de l’entreprise et réduit au plus profond les autres éléments du processus qui contribue au développement et à la création de la valeur de l’entreprise.

D’où la question d’évaluation des actifs immatériels devient, selon ses dires,  impérative et essentielle notamment lorsqu’il s’agit de préparer une transmission d’entreprise, une introduction en Bourse ou bien une opération d’acquisition.

Cependant, un des éléments qui constitue le plus grand obstacle à cette valorisation des capitaux immatériels, c’est qu’il n’existe pas le plus souvent le prix du marché pour les différentes composantes du capital immatériel.

Bien que pour les marchés financiers, cette faculté de valoriser les actifs financiers et la détermination du juste prix d’une action demeurent un exercice complexe, sur le plan de la littérature économique et divers, pour certains les marchés n’ont pas la capacité d’évaluer convenablement les actifs immatériels puisqu’ils  sous-estiment systématiquement la valeur des entreprises réellement intensive en intangible et en recherche & développement. Alors que pour les investisseurs rationnels, les marchés sont efficients, ce qui signifie qu’ils évaluent l’entreprise à sa juste valeur. Et s’il existe un écart entre la valeur du marché et la valeur comptable, c’est forcément la comptabilité qui se trompe en ne prenant pas en compte tous les éléments susceptibles de créer la valeur.

De ce fait, M. Sahnoun a précisé que les enjeux de valorisation du capital immatériel sont devenus difficiles pour les entreprises et qu’on ne peut plus se contenter de les gérer implicitement.

Dans le même sillage, Foued Lakhoua,  président de la CTFCI, a indiqué que l’économie de l’immatériel est un des grands enjeux pour l’économie en général et pour les entreprises en particulier. Avec la globalisation, ce concept a une signification particulière et une forte dimension, d’où valoriser une entreprise équivaut à évaluer sa capacité à créer de la valeur dans le futur.

D’ailleurs, dans une économie de plus en plus tournée vers les services, il existe d’autres secteurs autres que comptables qui devraient être pris en compte dans le processus de valorisation du capital. Des facteurs clés qui ont  des capacités à activer des talents, à organiser le cycle de production et à innover. Il s’agit d’indicateurs de performance qui composent le capital immatériel de l’entreprise et contribuent à sa valeur qui n’est pas toujours visible dans les bilans établis.

C’est pourquoi, la mesure du capital immatériel devient, selon M. Lakhoua, essentielle pour mesurer la façon la plus pertinente de la valeur de l’entreprise, tout en évaluant l’état de toutes ses ressources qu’elles soient visibles ou invisibles.

Il a estimé qu’on est de plus en plus conscient qu’avec les mutations amorcées dans les différentes économies du monde, c’est de l’immatériel que vient essentiellement la croissance. Il faut rappeler que jusqu’à nos jours, la valorisation des économies repose essentiellement sur la création des richesses qu’il s’agisse de matières premières ou produits manufacturés. Ce qui est de moins en moins vrai aujourd’hui parce que l’essentiel de la richesse se résume aux compétences associées des hommes et des femmes.

De plus, avec l’avènement du numérique, la connaissance d’une entreprise est évaluée  selon son marché et ses clients et à travers ses données de gestion pour devenir un élément déterminant de l’évaluation des actifs immatériels.

Ainsi, la compétitivité des grandes entreprises et des PME passe par la maîtrise des actifs immatériels de son écosystème et son patrimoine tant d’un point de vue managérial que comptable et financier.

Egalement, la rentabilité future d’une entreprise est déterminée par ses actifs immatériels identifiés, tels que les clients ou les partenaires qui achètent les produits et les services, les actionnaires, l’organisation ou les marques de l’entreprise.

Présents à cet atelier, Couzi Marielle et François Garcia, du Cabinet de conseil Novelstra, développeur du diagnostic dynamique de valorisation des capitaux immatériels VINCAE, ont affirmé que les capitaux immatériels sont les principaux facteurs de différenciation des entreprises. Pour cette raison, ils ont constaté que les grands groupes et entreprises se penchent sur leur immatériel, qui constituent la valeur du futur de l’entreprise, pour pouvoir communiquer là-dessous. Et une fois cette valeur est donnée, ils se penchent sur son développement via le management dynamique des actifs.

Pour ce faire, il importe de faire face aux principaux enjeux de la valorisation des capitaux immatériels, et ce, en consolidant l’évaluation de l’entreprise c’est-à-dire intégrer la totalité des actifs immatériels et leur rentabilité, maîtrisant la migration de la valeur ajoutée productrice de biens en valeur ajoutée offre globale, services et connaissances, alignant l’organisation à la stratégie, et valorisant le savoir-faire pour gagner une puissance et mieux répondre aux évolutions du marché.

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Publié le 16/03/2017 à 15:55

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