STB : vers des jours meilleurs

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 Le Directeur général de la Société Tunisienne de Banque (STB), Samir Saïed, a tenu le 10 mars 2017 une communication financière au siège de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis. L’avancement de la stratégie de restructuration de la banque et les réalisations jusqu’au 31 décembre 2016 étaient à l’ordre du jour.

Bien avant de dévoiler la stratégie de la Banque, le directeur général est revenu sur l’historique de la STB. Ainsi, il a rappelé que depuis sa création en 1957, et l’année de l’ouverture de ses guichets en 1958 jusqu’en 2000, la STB était la première banque en termes de dépôts et de crédits.

De plus,  c’était le premier organisme à financer l’épargne nationale. Plus tard, la STB a  procédé à la fusion et à l’absorption de la BDET et de la BNDT qui ont développé respectivement l’industrie et le tourisme en Tunisie.

Malheureusement, le vent a tourné pour la banque car en 2013, les indicateurs d’activité et de performance commençaient à chuter. Et cela s’est manifesté par la perte de parts de marché avant de voir ses fonds propres devenir négatifs  à fin 2013 et 2014.

D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle, une mission d’audit approfondie a été lancée en juillet 2013  qui s’est achevée deux ans après, au mois de juin 2015. Au mois de septembre 2015, la banque a opté pour une recapitalisation portant son capital à 776,875 MD dont la participation de l’Etat est de l’ordre de 71,54% avec 555,8 MD.

Malgré le contexte difficile pour les banques publiques et le risque de privatisation de la STB, Samir Saïed   garde son optimisme intact quant à l’avenir de la  banque.  Un optimisme appuyé par des chiffres et une stratégie à long terme.

Le premier axe de cette stratégie est relatif aux clients de la banque. A cet instar, il a considéré que la banque voit en eux un partenaire de première importance. Raison pour laquelle des produits innovants ont été mis à leur disposition avec un accompagnement personnalisé.

Pour ce qui est des actionnaires, le directeur général de la banque s’est voulu rassurant : il a indiqué que le portefeuille des actionnaires est sain et sauf et que l’objectif est de lui faire reprendre sa place sur le podium.

Le troisième volet de la stratégie consiste à s’entourer de collaborateurs épanouis. Dernier volet de la stratégie,  davantage d’inclusion économique et de responsabilité sociétale en faveur des régions intérieures.

Continuant sur la même lancée, il a indiqué que l’année 2016 a été celle de l’inversion de la tendance et de l’amélioration des indicateurs d’activités.  2018 sera l’année de la reprise de la croissance rentable et durable et 2020 est celle du décollage.

Il a fait savoir que 1700 MD est le montant des dettes du secteur touristique auprès de la STB et pourtant la banque  ne va pas épargner ses efforts pour soutenir le secteur touristique pour l’aider à se relever.

Ce soutien va se manifester à travers l’assistance des clients en difficulté, et ce, à travers une collaboration avec des bureaux d’études et des consultants afin de proposer à ses clients un plan de redressement. « Pour les plus réticents, la STB veillera à préserver leurs intérêts à travers les garanties qu’elle détient en donnant cependant  toutes les chances aux sociétés mises en difficulté par la conjoncture économique et sociale à laquelle fait face notre pays », précise-t-il.

D’ailleurs parmi les objectifs tracés figure le fait « d’ apporter, en collaboration avec les opérateurs du secteur notre savoir-faire en  ingénierie financière pour alléger le service de la dette en temps de crise avec retour sur investissement en période faste ».

Quant au plan de restructuration de la banque, il s’articule autour de six  axes, à savoir  la mise en place d’un système de Global Banking élaboré à 100% par des compétences tunisiennes,  l’utilisation du nouveau serveur back office monétique, la restructuration sociale (rajeunissement du personnel et exécution du plan de départ à la retraite), la mise en place d’un système de notation interne capable d’offrir une meilleure qualité crédit, la digitalisation et le renforcement de l’ingénierie financière.

Lors du débat, Samir Saïed a affirmé que la STB œuvre continuellement à recouvrer ses dettes et que des dispositifs ont été mis en place à cet effet.

Évoquant le sujet du recrutement au niveau de la banque, Samir Saïd a fait savoir que plus de 70% des nouvelles recrues sont des femmes.

A une question qui porte sur la privatisation de la banque, il a précisé que ce genre de décision ne revient pas à la banque mais au gouvernement et a faire savoir que la direction de la banque fait de son mieux pour mener à bien le projet de restructuration.

Dans le même contexte, il a fait remarquer que le problème de la BFT ne va pas influer sur la STB.  A cet égard, il a rappelé que la situation de la STB est suivie de près par la Banque mondiale, le ministère des Finances et la Banque centrale.  Il a indiqué, par ailleurs, que les derniers 12 mois ont connu la création de 14 agences modernes  STB.  Confiant et déterminé à la fois, l’intervenant a affirmé la capacité de la STB de s’ouvrir sur l’Afrique.

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Publié le 11/03/2017 à 13:53

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