Moncef Marzouki : « Inconvenant, le moins qu’on puisse dire »

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Les récents propos de l’ancien président de la République, Moncef Marzouki, sur Al Jazeera, à l’endroit du peuple tunisien, offrent l’image d’un homme politique aigri et celle d’un mauvais perdant.

Imaginez une seconde que l’ancien  président français Nicholas Sarkozy ou encore que l’ancien président américain Barak Obama viennent affirmer, après avoir quitté le pouvoir, que leur pays est affecté par « la corruption, le népotisme, le vol, le mensonge et l’hypocrisie ».

Imaginez également que les mêmes premiers magistrats disent que l’attentat criminel du 11 septembre 2011 a « été commis par leurs compatriotes ».

C’est pourtant ce qui vient de dire l’ancien président de la République tunisienne Moncef Marzouki.  Le 9 février 2017 dan une interview diffusée  sur Al Jazeera pour la première déclaration, et le 23 janvier 2017, pour la seconde, dans une tribune du quotidien Le Monde.

Des propos peu amènes


Ces propos ont-ils été « sortis de leur contexte » ? Ont-ils été exagérés par les médias ? La récente séquence diffusée par Al Jazeera a été « divisée » et certains mots ont-ils  été « supprimés » ? Le journal Le Monde a-t-il oublié de « rectifier les propos » de l’ancien président de la République ?

Quoi qu’il en soit, notre homme nous a habitués à des propos peu amènes. Comme lorsqu’il a parlé, en mars 2013, toujours sur Al Jazeera, de  guillotine pour les extrémistes laïcs.

Ou lorsqu’il a jugé, le 12 décembre de 2016, que la ministre du Tourisme, Selma Elloumi, ignorait les règles fondamentales de la langue arabe et que sa connaissance était, dans ce domaine, bien limitée.

Maladresses ou stratégie ?

De quoi se demander s’il s’agit là de maladresses pour un homme qui ne peut pas toujours apparemment contrôler ses propos ou tout simplement d’une stratégie qu’il pense pouvoir lui faire gagner des voix ?

Dans un cas comme dans l’autre, les propos de l’ancien chef de l’Etat offrent l’image d’un homme politique aigri et celle d’un mauvais perdant. Ne paraît-il pas dans la peau d’un homme blessé qui a mal digéré sa défaite dans une élection présidentielle qu’il n’a pas pu remporter ? Pour nombre de citoyens lambda c’est du reste là la principale impression qu’il donne !

« Nous agissions bien et nous respections les valeurs morales »

On ne peut d’autant plus s’étonner de ces déclarations qu’elles sont associées à des contextes et des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être. Ainsi en est-ils des récents propos jugés on ne peut plus déplacés  sur Al Jazeera dans lesquels il fait comprendre que lui n’est pas aussi moche que le peuple dont il est issu. Et qui l’a élu en 2011.

Comment comprendre en effet autrement ces propos : « Mes quinze ans passés en France ont coupé tout lien existant avec le peuple tunisien (…) Les autres Tunisiens et moi-même qui étions en France, nous agissions bien et nous respections les valeurs morales, tout comme le peuple français ».

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Publié le 13/02/2017 à 10:26

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