« Nous ne pouvons pas traiter les dossiers liés au terrorisme comme des dossiers de droit commun »

Leila Chettaoui L'Economiste Maghrébin

Depuis plus d’une semaine, c’est à une véritable guerre des chiffres à laquelle on assiste, autour du retour des terroristes, sur les plateaux télé. Sur cette question, Leila Chettaoui, présidente de la Commission spéciale sur la sécurité et la défense à l’ARP, met l’accent sur leur nombre qui, selon elle, n’est pas aussi éloigné de celui annoncé par les ministères de l’Intérieur et de la Justice, lors de leur audition par ladite commission.

Elle a déclaré:  « Il faut se rappeler que sur les 1670 détenus actuellement, 160 ont déjà été jugés. Cela signifie que la justice s’est prononcée par des peines allant jusqu’à la peine de mort. Quant aux autres,  la justice n’a pas encore statué et ces chiffres sont clairs. »

Mais la question qui demeure  sans réponse aujourd’hui est de savoir combien de ces personnes arrêtées par le ministère de l’Intérieur dans des affaires liées au terrorisme, puis traduites en justice, ont-elles été relâchées ? En d’autres termes, le ministère de  l’Intérieur les arrête alors que le ministère de la Justice les remet en liberté. Il faut donc essayer de comprendre où est la faille dans la procédure pénale ? Ou encore ne faudrait-il pas  revoir le Code pénal ? Et encore, que manque-t-il à la police judiciaire, au pôle de lutte contre le terrorisme et aux enquêteurs aujourd’hui? Telles sont les grandes questions qui restent en suspens.

« Sur ce gap, il va falloir se prononcer », a-t-elle affirmé. Elle précise dans ce contexte: « Cela fait deux mois que le ministère de la Justice travaille sur des statistiques pour connaître la durée de la procédure à partir du moment où la personne est arrêtée, ensuite traduite devant le procureur, etc… C’est tout ce processus qu’il faut suivre: combien ont été libérés, quelles sont les raisons de leur libération? Ce n’est qu’en ayant ces chiffres, que nous pourrons répondre à ces questions. Et là nous aurons tous les éléments dont nous avons besoin pour gérer ce dossier », a-t-elle répondu.

Mme Chettaoui conclut: « Nous ne pouvons pas traiter des dossiers liés au terrorisme comme des dossiers de droit commun. Et de ce fait, nous devons nous montrer efficaces, pour avoir une justice efficace. D’où l’importance capitale liée aux informations pour qu’ensuite, nous puissions prendre les bonnes décisions. »

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Publié le 06/01/2017 à 11:17

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