Pour une stratégie de promotion culturelle

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La soft révolution tunisienne (été 2013 ) et le dialogue national qui s’en est suivi ont assuré un retour aux normes et la défense des acquis du régime bourguibien. Ne perdons pas de vue que la promotion de la culture fait partie de ces acquis.
 
Qu’il nous suffise de rappeler, suite à la création du ministère qui lui a été dédié, la mise sur pied de son infrastructure : maisons de la culture, théâtres de plein air, festivals, foires du livre, journées cinématographiques, théâtrales et musicales. La culture a été érigée, à juste titre, en « sujet majeur ».
La journée d’étude concernant l’investissement dans le secteur culturel inscrit la promotion culturelle dans une vision de « démocratie participative », dans le cadre d’une décentralisation. « Chaque région devrait formuler ses programmes culturels, selon ses spécificités et les visions et créations de ses citoyens ».
D’autre part, le programme des villes artistiques instituerait des « pôles culturels régionaux » et traiteraient la question de l’inégal développement culturel régional, par une politique de « discrimination positive » (Kasserine 2 octobre 2016). Mais le ministère a-t-il désormais les moyens de ses ambitions?
L’étude du projet de Loi de finances de 2017 semble plutôt annoncer des velléités de repli, ou plutôt une occultation de ses enjeux. D’autre part, ce projet de Loi de finances prévoit, entre autres, l’instauration d’un impôt de 18%, au lieu de 6%, sur les produits culturels.
L’étude du programme d’activité de l’actuelle ministre de la Culture montre sa volonté de réactualiser, de développer et d’élargir les horizons des choix nationaux dans le domaine. L’effort du ministère de la Culture, des promoteurs et des créateurs et des acteurs de la société civile devrait être soutenu et développé.
La culture crée l’environnement adéquat du débat et du dialogue. Elle permet la promotion de la création artistique, dans ses différents domaines et fait valoir notre vision d’avenir, accompagnant et consolidant le changement.
Plus que jamais, la culture devrait être érigée en priorité. Nous devons faire face aux défis de la conjoncture. L’universalisme et l’esprit de tolérance sont en perdition. Angoisse identitaire ou plutôt crise de mal-être, il y a une fracture générationnelle.
Le défi missionnaire d’un califat mythique a développé un discours de dérive. Ne sous-estimons pas « l’état de violence épidémique et sporadique », produit par ce basculement, certes bien minoritaire, dans la contre-culture, la nostalgie maladive et la déraison.
La culture qui signifie, réflexion, mutation, ouverture, est une. Elle constitue un rempart contre la radicalisation. Elle permet de « réarmer » politiquement le pays. Contre les dérives, il faut mettre à l’ordre du jour la reconquête éducative et culturelle.

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Publié le 15/10/2016 à 07:20

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin