L’épreuve du remaniement ministériel …!

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Youssef Chahed, l’ancien ministre des Affaires locales, a été désigné, le 3 août 2016, pour occuper le poste de chef du « gouvernement d’union nationale ». Simple remaniement ministériel ou formation d’une nouvelle équipe ? Les dés sont jetés. Iles requièrent une mobilisation des compétences, pour faire face aux défis de la conjoncture.

Dans de telles circonstances, la classe politique accorde volontier aux nouveaux acteurs le préjugé favorable, puis lui laisse une période de grâce, avant de le soumettre à son appréciation critique. Les concertations entre les organisations et les partis, qui ont répondu à l’initiative du Président de la République, ont fait valoir la cohésion comme postulat. Ils ont élaboré une feuille de route, que le nouveau gouvernement devrait traduire, en programmes d’action. Les priorités identifiées par le nouveau Chef du gouvernement prennent en compte « l’accord de Carthage », le document bénéficiant du consensus. Nous les confortons par ces exigences :

1 – Le nouveau pouvoir devrait répondre aux urgences. Dans cette conjoncture, la vie politique n’admet pas les hésitations et les demi-mesures. Des réformes ambitieuses et courageuses devraient être engagées. Autrement, on laisserait gouverner le destin. Tout en traitant la question du chômage et de la précarité, le gouvernement devrait instaurer les conditions d’une paix sociale, pour créer un environnement favorable à l’investissement et mettre fin aux blocages, qui perturbent la vie économique.

2 –  Remettre le pays au travail. Le recul de l’autorité de l’Etat expliquerait l’affaiblissement des structures de contrôle. Un laisser-aller quasi général domine dans les différents secteurs d’activité. Comment créer les conditions de mobilisation ? Comment redynamiser les valeurs travail, solidarité, compétition, promotion ?

3 –  Redonner espoir à la jeunesse, en l’invitant à participer à l’élaboration d’une vision d’avenir. Son entrée en scène lui permettrait d’occulter les constructions intellectuelles étranges, où le chimérique le dispute à l’illusoire. Il faudrait faire valoir, chez les jeunes,  leurs  rêves de bien-être et de progrès et les préparer à prendre la  relève. Fait d’évidence, le choix du chef de gouvernement constitue un passage de génération. Il devrait être suivi d’effet, lors de la formation du nouveau gouvernement. Bien entendu, il ne faudrait pas faire du ‘‘jeunisme’’ à tout prix.

4 – Assurer la défense du projet de société tunisien, un projet de société attaqué, transgressé, dans la précédente conjoncture, de dérives.  Le contexte de l’élaboration de la Constitution a rétabli les normes. Des cas d’espèces parmi les cadres locaux, selon l’actualité, transgresseraient le modèle social tunisien.  Ultime prérogative de tous les représentants de l’Etat – fussent-ils des cadres locaux ! – la défense dans leurs discours et  leur praxis de l’édifice républicain.

Ces différents aspects devraient être pris en considération, alors que l’équipe ministérielle n’est pas encore formée et que ses joueurs ne sont pas encore entrés donc dans le match de la gouvernance.

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Publié le 04/08/2016 à 08:59

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